Extension du congé paternité : le SMPS salue une avancée mais appelle à aller plus loin

Publié le : 25 juin 2021

« Ce n’est pas toi qui donne le sein voyons, tu dois venir au travail ! ». Voilà une phrase que nos collègues ont déjà entendue au moment de l’annonce à leur responsable de leur souhait de prendre un congé paternité.
A l’heure où le gouvernement a porté une réflexion innovante sur les 1000 premiers jours de l’enfant, ce rapport sur les 1000 premiers jours a été rendu par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik en septembre 2020. Cette période essentielle pour le développement de l’enfant pose la question de la place du père ou plus largement du deuxième parent.Le SMPS, en pointe sur cette question de la combinaison de la parentalité et des responsabilités, vous propose une soirée-débat le 1er juillet prochain sur sa page Facebook dont vous trouverez le programme ci-dessous.
Ainsi à compter du 1er juillet 2021, le congé paternité passera de onze jours à quatre semaines. A partir de cette date les quatre premiers jours (s’ajoutant aux trois jours de congés de naissance) seront intégralement financés. Cette mesure sera sûrement plus incitative que le dispositif précédent et les établissements devront se saisir du sujet des autres 21 jours en termes de management d’équipe en accord avec le professionnel (fractionnement, organisation du service, etc.).

Selon un rapport de l’IGAS les pères consacrent de plus en plus de temps aux activités parentales, 30% aujourd’hui, contre 20% en 1985. Les choses progressent mais insuffisamment rapidement au regard de ces chiffres. C’est donc une avancée sociale et sociétale que nous saluons même si un tiers des pères ne prennent toujours pas ce congé, ce qui est notamment réel chez les cadres et directeurs que nous représentons. Notons également que 97% des congés parentaux sont pris par les femmes…

Les femmes et hommes manageurs de santé sont très nombreux à être confrontés à ces problématiques concrètes. Comment dois-je annoncer la naissance de mon enfant à mon responsable, à mon équipe ? Quel impact sur ma carrière ? Comment m’organiser avec mes responsabilités, ma charge de travail ? Comment partager les tâches liées à la naissance et ce changement de vie avec mon conjoint ?
Avec plus de 700 000 naissances par an en France ces chiffres nous concernent pour beaucoup. La parentalité est un fait important chez les manageurs de santé, pour autant encore trop ignoré ou peu visible des établissements car relégué à la sphère privée alors qu’elle impacte concrètement nos vies professionnelles.

Nous plaidons donc pour une politique RH qui permette de lever les blocages et que les pères puissent prendre ces congés. Nous invitons les établissements et nos tutelles à prôner une culture managériale qui équilibre la vie professionnelle et la vie personnelle pour un véritable « parental act » au sein des établissements ! La naissance d’un enfant est un événement prévisible et ne doit plus impacter l’organisation de nos établissements en étant anticipée et prise en compte. Nous ne devons plus entendre le propos encore trop récurrent « ça ne se fait pas » à propos du congé paternité.

La Commission des 1000 premiers jours de l’enfant propose 9 semaines de congé paternité. C’est un temps long pour favoriser l’attachement entre l’enfant et ses deux parents. Ce temps long réduit l’épuisement parental lié à la naissance de l’enfant et permet une répartition équilibrée des tâches au sein du couple.

Le SMPS défend cette proposition et invite les pouvoirs publics à se saisir du rapport Cyrulnik pour aller plus loin afin d’agir concrètement pour favoriser l’équilibre vie professionnelle-vie privée à ce moment particulier de la vie des manageurs de santé. Rappelons qu’en Norvège le congé paternité va de 15 à 19 semaines, en Suède 16 semaines, en Finlande 23 semaines et l’Espagne vient d’allonger son congé paternité à 16 semaines en 2021 de façon progressive. Si l’Espagne peut le faire, la France peut le faire et organiser un véritable parcours de la parentalité durant ces 1000 premiers jours de l’enfant ! Des groupes de parentalité peuvent par exemple être organisés à l’échelle d’un établissement pour se regrouper, se donner des conseils ou proposer des activités ensemble. Cela peut être un exemple concret d’élément moteur de la politique sociale d’un établissement.

Le SMPS, en accord avec sa charte pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (cliquez ici pour la consulter et la télécharger), continuera d’être force de propositions en la matière afin que ce rapport important comme celui du HCEf (notre communiqué à lire ici) ne soit pas laissé sans suites et que des actions concrètes soient réalisées dans les établissements pour l’égalité femmes-hommes à tout niveau de responsabilité. Le progrès collectif, la liberté, la justice passe par l’égalité pour faire évoluer la société.

Pour un syndicat qui fait de l’égalité femmes-hommes une priorité :
rejoignez et soutenez le SMPS !

 

En présence de professeurs de médecine, d’une cadre sage-femme et d’une DRH, nous débattrons de ces questions sans tabou le 1er juillet à partir de 17H, en direct sur la page Facebook du SMPS (cliquez ici pour y accéder) !
Nous vous attendons nombreuses et nombreux !