Instance collégiale du 4 novembre 2020 : Les directeurs n’en peuvent plus des attaques incessantes !

Publié le : 4 novembre 2020
Profil :  DH

Retrouvez ci-dessous la déclaration liminaire de la 1ère instance collégiale qui s’est tenue le 4 novembre 2020.

« Voilà, nous y sommes.

Après une année à lutter d’abord contre le projet puis contre la publication d’un décret dont nous connaissions par avance les effets délétères, nous nous apprêtons à en vivre ou peut-être à en subir la concrétisation directe.

Fini le comité de sélection, et voici  l’instance collégiale !

La mise en place du décret relatif aux emplois supérieurs reste une offense sur la forme  comme sur le fond !

Instance certes, quant à l’adjectif « collégiale » il est encore à prouver. Bien sûr, une application stricto sensu du décret à son article 9 ne nous aurait pas permis aujourd’hui de siéger. Il serait sans doute malvenu de ne pas le reconnaître.

Mais derrière les bonnes intentions, que restera-t-il du dialogue social ?

La consultation des organisations syndicales et la FHF, permettra-t-elle d’éclairer les débats, de défendre les candidatures ou ne sera-t-elle qu’un leurre au service d’une disparition annoncée du corps des directeurs d’hôpital ?

La question reste entière.

Il n’y a qu’à regarder comment se positionnent les pouvoirs publics lesquels méconnaissent notre profession.

Comment avoir confiance quand la Ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques déclare dans un entretien au Monde qu’elle souhaite « (…) qu’un haut-fonctionnaire puisse diriger un hôpital… » ? Ne sommes-nous pas des hauts-fonctionnaires ?

Comment avoir confiance, quand dans la même séquence, on nous annonce poursuivre l’alignement du statut de DH sur celui des administrateurs civils et que celui-ci pourrait, à terme, se traduire par un accès restreint à la hors classe sous l’effet de critères toujours plus restrictifs ?

Comment avoir confiance quand, en parallèle, une députée qui connaît par ailleurs l’hôpital,  porte une proposition de loi en procédure accélérée, qui prévoit à son article 7 que « tout poste de chefferie d’établissement dans un GHT laissé vacant est systématiquement confié à l’établissement support du GHT (…) » et qu’il deviendra par la suite un établissement partie dudit GHT ?

C’est un affront de plus au dialogue social que nous n’acceptons pas. C’est encore un témoignage du mépris ressenti par les directeurs. Pourtant ils continuent et agissent, au gré des injonctions contradictoires, pour permettre à l’hôpital de tenir face à la vague. La déferlante finira toutefois par les atteindre et elle porte un nom : le départ.

Il n’y a qu’à regarder les chiffres pour le voir ou tout simplement tous ces postes qui font l’objet de plusieurs avis de vacance avant d’être enfin pourvus.

Et ce ne sont pas les quelques contractuels qui voudront bien s’y intéresser, qui permettront, malgré la fin du quota, de contenir l’hémorragie.

Oui, nous défendons la diversité des parcours. Mais diversifier, ce n’est pas amoindrir les débouchés de ceux déjà en fonction. C’est aller puiser dans ce vivier, et en préparer l’élargissement en sélectionnant le plus tôt possible les hauts potentiels de demain.

Et d’Ussel à Brest, de Jean de Maurienne à Dunkerque, chaque directeur honore le service public préféré des Français. Ces lieux d’exercice aux 4 coins de France qui constituent des mobilités que même l’IGAS feint d’ignorer. Mais si nous voulons retrouver l’attractivité de notre profession, il convient d’envoyer de réels signaux aux directeurs.

Derrière la symbolique, c’est une évidente mécanique de dénigrement de nos métiers et de nos compétences qui est à l’œuvre, laquelle porte en germes une menace claire pour la FPH dans son ensemble.

Cette situation est d’autant plus inadmissible que la crise sanitaire pourrait encore s’aggraver, contraignant les directeurs que nous sommes à trouver des solutions dans un brouillard qui s’épaissit chaque jour un peu plus.

Certes, d’aucuns ont eu la délicatesse de nous faire remarquer que nous avions  bénéficié du CTI dans le cadre des Accords de Ségur et de la fameuse prime COVID. Mais ce n’est pas cela que les directeurs attendent.

Ce qu’ils veulent ? De la considération, de la reconnaissance. Rien de plus.

Au lieu de cela, ils continuent d’être les boucs émissaires d’un système qu’ils tentent malgré tout de maintenir à flot tout en sachant bien que la situation actuelle ne peut que leur permettre d’avancer au jour le jour, voire de naviguer à l’aveugle.

Pardonnez notre pessimisme, mais pour les directeurs que nous sommes, les jours heureux ne sont clairement pas pour l’été 2021.

Reconnaître notre métier, nos compétences, ce n’est pas procéder à un simple alignement sur les autres fonctions publiques.

Reconnaître notre métier, nos compétences, c’est reconnaître la singularité de nos fonctions tout en nous permettant d’avoir des parcours diversifiés, lesquels doivent être un accélérateur et non un frein à nos carrières.

En ce sens, cette instance doit continuer de sélectionner les plus capables, les plus motivés pour diriger des établissements que la crise COVID a encore fragilisés. Les critères d’accès, lesquels n’ont que peu évolué par rapport à « l’instance d’avant », mais désormais inscrits dans le marbre des LDG, doivent nous y aider.

Seule bonne nouvelle : la première vague tant espérée par les contestataires du statut n’a pas eu lieu, les candidatures contractuelles ne nous auront ni submergé, ni ébloui.

Much a do for nothing, beaucoup de bruit pour rien. Rien de mieux pour les corps de direction en tout cas. »

DERNIERE MINUTE : LE SMPS A EXPRESSEMENT DEMANDE A LA DIRECTRICE GENERALE DU CNG CE MATIN, UNE AUDIENCE EN URGENCE AUPRES DE LA DGOS POUR EVOQUER LA PROPOSITION DE LOI PORTEE PAR LA DEPUTEE S RIST.

Cliquez ci-après pour consulter la proposition de loi portée par la députée S RIST : lire la PPL