Instance collégiale DH (19/01/2021) – L’Etat a tort de pratiquer la distanciation sociale…à l’égard des directeurs d’hôpital

Publié le : 19 janvier 2021
Profil :  DH

Retrouvez ci-dessous le communiqué de l’Instance collégiale DH du 19 janvier 2021 :

L’Etat a tort de pratiquer la distanciation sociale…à l’égard des directeurs d’hôpital !

Les représentants des directeurs d’hôpital, réunis en Instance collégiale pour statuer sur différentes chefferies d’établissement, auraient voulu consacrer la séance à un échange de vœux de circonstance mais l’âpreté de la période et l’absence de véritables conditions adaptées au dialogue social les en a privés.

La crise sans fin n’est pas seulement sanitaire, elle est aussi sociale, financière…les qualificatifs ne manquent pas pour décrire un système aujourd’hui à bout de souffle.

Oublié le mode projet, désormais la gestion de crise et les déprogrammations remplissent les journées de directeurs dont le Ségur de la Santé n’aura pas changé le quotidien. Les recrutements de personnel médical comme non médical n’ont pas connu d’augmentation soudaine et la tentation de la fuite reste forte chez ceux qui restent.

Comment en effet maintenir la communauté hospitalière soudée alors qu’une grande partie de la FPH reste exclue du CTI et pourrait, demain, sous l’effet de la loi 4D basculer vers la FPT ? Comment maintenir intacte la motivation de praticiens dont la réforme du statut sera clairement en-deçà des attentes comme des besoins ?

Malgré cette dégradation continue, ils tiennent mais pour combien de temps encore ?

A cela se rajoute la gestion pour le moins laborieuse de la campagne de vaccination…serait-ce un Bis repetita du déploiement des tests à grande échelle, il y a de cela quelques mois et que les médias comme l’opinion publique ont déjà oublié ? En tous cas, les directeurs d’hôpital donnent toute leur énergie au déploiement crucial de cet effort de santé publique mais sont vigilants à ce que les dysfonctionnements déjà rencontrés ne leur soient pas attribués.

Et comme si cela ne suffisait pas, les directeurs d’hôpital pâtissent d’un soutien des plus distants de la part de leur tutelle, tant concernant l’appui à la gestion de crise dont le pilotage n’a pas toujours bénéficié des RETEX suffisants au plan national que pour obtenir des réponses sur des questions statutaires désormais prégnantes.

Incroyable distanciation du corps social et surtout des premiers artisans de la politique sanitaire sur le terrain que nous sommes !

Il suffit de lire la réponse, à la fois cinglante et laconique qui a été faite par la DGOS à notre lettre intersyndicale, pour demander l’ajournement de la réforme de l’accès à la hors classe.
C’est un affront supplémentaire fait aux représentants que nous sommes comme à tous les directeurs de refuser de reconnaitre une inégalité devant la mobilité et la complexité de nos carrières et de nos métiers.

Au-delà, ce sont tous les sujets qui devraient former une véritable GPEC pour les directeurs d’hôpital qui semblent à ce stade gelés.

Le SMPS ne pouvant accepter cette situation délétère, a souhaité rappeler les chantiers encore à ouvrir pour cette nouvelle année :

  • Impérieuse nécessité de refonte des emplois fonctionnels avec un respect des seuils budgétaires et un soutien aux situations de complexité par l’ouverture d’emplois d’adjoints ;
  • Déploiement de véritables outils de valorisation et diversification des parcours à l’heure où les postes tendent à raréfier…mais pas les directeurs pour les occuper en témoignent les nombreuses candidatures qui nous ont été données à étudier ce jour ;
  • Sanctuariser la gestion nationale du corps et intensification des passerelles, à rebours des tentatives de régionalisation des recrutements au moment où les directeurs disposent de moins en moins d’opportunités pour évoluer dans la carrière ;
  • Indispensable réforme d’un régime indemnitaire caduc et qui ne permet plus de valoriser l’engagement des collègues ;
  • Découplage, comme le Ségur l’avait promis, des singularités des emplois de la FPH de ceux de l’Etat pour intégrer les spécificités et ne pas imposer un alignement par le bas ;
  • Ouverture du chantier de la formation continue avec la spécification des financements ;
  • Soutien à la lutte contre les risques psycho-sociaux par de vrais moyens d’accompagnement et de carrière, pour la santé au travail et le développement professionnel.

Et la liste pourrait encore s’allonger tant le nombre de collègues, pour qui nous peinons à trouver des solutions, ne cesse d’augmenter.

Dans une période troublée, déstabilisante, les directeurs ont plus que jamais besoin de signaux positifs…qui ne semblent déjà pas au rendez-vous, alors que l’année vient tout juste de commencer !

Reste l’espoir pour 2021 que cette instance continue, par la franchise de ses échanges, à permettre de faire entendre la voix des directeurs et, le cas échéant, de contribuer à concrétiser des revendications auxquelles tant le Ministère des Solidarités et de la Santé que celui de la Fonction Publique semblent  sourds.

Le SMPS, soucieux de l’avenir de tous ceux qu’il représente, continuera à se mobiliser pour que la chaîne managériale dans son ensemble soit mieux reconnue, mieux protégée et mieux accompagnée. Et pour que les directeurs d’hôpital, emblématiques porte-drapeaux des manageurs hospitaliers gagnent la sérénité et la reconnaissance (ENFIN) dues.