Comité de sélection du 29 juin 2020 : Un soutien aux directeurs indispensable à la réussite de l’après-crise

Publié le : 30 juin 2020
Profil :  DH

Ce comité de sélection réuni virtuellement, sera bien le dernier sous cette forme. En effet, le décret « emplois supérieurs » sera promulgué prochainement pour prendre effet en septembre.

A la colère teintée de déception de voir disparaître une instance qui avait pourtant fait la preuve de son efficacité, se rajoute l’inquiétude d’un avenir des plus incertains.

La disparition de cette instance est une erreur majeure du Ministère de la fonction publique qui a voulu comme souvent, unifier des processus sur l’ensemble des corps sans traiter la spécificité des corps de direction de la fonction publique hospitalière :

  • Sans tenir compte d’un mode de gouvernance qui nécessite de se situer à la confluence de l’exercice de missions régaliennes au service de l’Etat et l’exercice pertinent de l’autonomie de gestion plus adaptée à la singularité locale.
  • Sans tenir compte de ce qui fait la force du dialogue social avec les corps de direction
L’instance qui succédera à l’actuel comité de sélection ne permettra pas d’offrir les mêmes garanties qu’auparavant. Avec des critères très généraux et une composition qui, à ce stade, exclut les représentants syndicaux, même si des garanties ont été données par le CNG pour permettre un peu de paritarisme.

L’exemple ce jour même de la constitution de la short list du GHU Psychiatrie Paris et Neurosciences le montre bien : nous allons vers une généralisation du fait du prince.
Peu importe que l’on nous parle de « diversification des parcours », « élargissement des viviers ». Il s’agit avant tout et c’est comme cela que les collègues le perçoivent d’affubler les directeurs d’hôpital de la marque de l’impuissance, en leur substituant toute autre candidature pourvu qu’elle ne nous ressemble pas.

Et c’est profondément dommage de jeter à nouveau l’opprobre sur des parcours, des formations qui nous unissent, au moment où le Ségur établit bien comme constat que le problème de l’hôpital public ces dernières années, ce n’est pas les directeurs mais bien les politiques inadaptées qu’on leur a demandé d’appliquer.

Et dans ce contexte, les directeurs sont lassés et épuisés d’être les boucs émissaires d’une situation qui conduit à l’exposition sans vergogne de leur rémunération statutaire et légitime et donc leur vie privée.

Plusieurs questions sont donc en suspens :

  • La reprise des discussions sur les lignes de gestion pour les questions statutaires et la CAPN
  • Les prochaines dates de réunion du groupe contact entre les OS, la DGOS et le CNG
  • Les critères et la composition du futur « comité de sélection »
  • L’avenir des emplois fonctionnels (possibilité de prolongation au-delà des 8 ans de manière transitoire seulement)
C’est dans ce contexte aussi que nous réitérons la demande que le Ségur ne soit pas le siège des espoirs déçus pour les corps de direction.

Nous sommes tous conscients et tournés vers l’objectif que cette concertation profite aux filières en perte d’attractivité forte au sein des filières soignantes et que la permanence des soins soit au cœur des décisions à faire valoir pour attirer de nouveaux professionnels à l’hôpital.

Mais nous jugeons éminemment nécessaire qu’une séquence de valorisation du management à l’hôpital et en secteur médico-social soit introduit dans les conclusions du Ségur et ait une traduction concrète dans la reprise de nos travaux pour les 3 corps.

Toutefois, tandis qu’une crise économique sans précédent est installée, l’hôpital public restera-t-il encore une priorité ? Une fois l’émoi national passé et le début de reconnaissance accordé, les engagements pris pourront-ils être tenus ?

Il est urgent de faire face aux problématiques persistantes d’investissement et de financement au moment où la crise du coronavirus a rappelé la nécessité d’avoir des établissements en bon état, capables d’innover et d’avoir des professionnels bien rémunérés.

Plus que jamais, le SMPS demande soutien et reconnaissance pour les directeurs de la part des pouvoirs publics.

Sachez entendre les directeurs car rien du « monde d’après » ne peut se faire sans eux malgré la toute récente unité née de la crise.