Comité de sélection DH du 15 janvier 2020 : de bonnes résolutions et après ?

Publié le : 15 janvier 2020
Profil :  DH

Comme le veut la coutume, le SMPS a souhaité une bonne année à l’ensemble des représentants participant à ce premier comité de sélection de l’année. Puisse cette année 2020 nous permettre des échanges francs, constructifs et empreints de bienveillance pour les collègues candidats.

Une nouvelle décennie s’ouvre et porte en elle, nous l’espérons, la promesse d’un avenir peut-être plus radieux pour les directeurs d’hôpital.
En effet, si le mois de janvier est propice aux bonnes résolutions, espérons que celles-ci se traduisent ENFIN par de réelles avancées pour notre corps.
L’année 2019 a été celle de l’amertume, des espoirs déçus et parfois même de la colère. 2020 pourrait être l’année de la reconstruction par l’écoute et l’apaisement.

Des attaques injustifiées et surtout injustes contre l’ensemble de la chaîne managériale ont été portées en 2019. La gouvernance a été présentée comme vacillante et les effets d’annonces ont été nombreux pour être très souvent évaporés dans le tourbillon de l’actualité.
Nous aurions pu nous résigner, nous avons fait le choix de protester. Les différentes mesures présentées au cours de l’année, loin de diviser ou de fracturer la communauté hospitalière, ont au contraire fait émerger de nouvelles solidarités. Et, nous ne laisserons pas la question de la gouvernance, marronnier parmi les marronniers, briser le précaire équilibre qui existe encore dans nos établissements.

Les dernières mesures proposées lors de l’ultime Comité de suivi de l’année 2019 n’ont fait que crisper les différentes communautés.
Loin de la caricature d’un directeur accroché à des pouvoirs assimilés à des privilèges, nous sommes favorables à un partage équilibré des responsabilités. On ne dirige pas contre les médecins et les médecins doivent prendre plus de responsabilités dans la gouvernance.
Néanmoins, il faut rappeler que l’exercice du pouvoir ne saurait s’exonérer d’une quelconque responsabilité légale.

En 2020, la vigilance sera donc de mise sur cette question de la gouvernance.
Le courrier commun intersyndical du 20 décembre 2019 adressé à Madame la Ministre des solidarités et de la santé à la veille de Noël n’a toujours reçu à ce stade aucune réponse.
Ce courrier ne saurait être vu comme la réaction angoissée de quelques directeurs craignant pour leur avenir.
Non, au contraire, il traduit le respect que nous avons envers les communautés médicales et soignantes auxquelles il semble impératif de redonner du temps clinique. La bataille n’est pas celle de la gouvernance mais bien celle de l’attractivité de l’hôpital public.

C’est pourquoi le SMPS, fidèle à son ADN réformiste et constructif, souhaite faire de l’apaisement son leitmotiv pour l’année 2020.
Apaiser des personnels hospitaliers en souffrance par des propositions innovantes et équilibrées, apaiser des médecins en quête de davantage de responsabilités par une plus forte valorisation de leurs compétences managériales et bien sûr apaiser des collègues qui ne supportent plus d’être érigés en boucs émissaires.

Dans ce contexte, nous serons force de propositions auprès de la mission CLARIS relative à la simplification administrative à l’hôpital.
Nous attendons de réelles mesures opérationnelles pour faciliter le fonctionnement de nos établissements dans le respect des prérogatives de chacun et surtout sans technocratie supplémentaire.
Quant à l’état des lieux des « irritants » mentionné dans la lettre de mission au Professeur CLARIS, il ne doit pas donner lieu à la recherche de « désignés coupables » mais bien permettre de dépasser les dysfonctionnements qui peuvent exister, pour améliorer la qualité des soins et bien sûr les conditions de travail de la communauté hospitalière dans sa diversité.

Le SMPS sera aussi attentif à ce que la place des soignants, mais aussi des usagers, et des personnels techniques et administratifs trop souvent oubliés des différentes mesures présentées en 2019, soit réelle et pas réduite à un effet d’annonces.

Dans les prochaines semaines, le SMPS fera des propositions concrètes pour enrichir le plan présenté en fin d’année par le Premier Ministre. Il proposera des mesures concrètes pour relancer l’investissement, moderniser le statut de l’hôpital, lutter contre la bureaucratie et améliorer l’attractivité des carrières dans nos hôpitaux et nos EHPAD.

A cela, s’ajoute également l’attente des conclusions du rapport THIRIEZ relative à la réforme de la haute fonction publique et celles de la mission IGAS sur le CNG. Le SMPS rappelle son attachement à l’EHESP car nos métiers sont singuliers et à l’ouverture inter-fonction publique par la mobilité et les formations partagées.
Le SMPS rappelle aussi son attachement au CNG comme Agence unique et singulière pour assurer un management moderne des personnels de direction.
Ce comité de sélection est aussi l’occasion de répéter que de nombreux chantiers concernant les directeurs d’hôpital sont toujours en suspens :
• Accès aux emplois fonctionnels,
• Possibilité de prolongation de la durée de détachement sur emplois fonctionnels lorsque la limite des 8 ans a été atteinte sous certaines conditions, sujet sur lequel les 3 organisations syndicales, SMPS, SYNCASS-CFDT et CHFO ont récemment alerté la Directrice générale du CNG dans un courrier commun daté de décembre 2019,
• accès au GRAF,
• modalités d’accès à la hors-classe…

Les réunions de travail programmées par le CNG sur les lignes directrices de gestion et l’organisation des CAPN devront permettre de renforcer l’attractivité de nos métiers et surtout de redonner envie aux collègues de postuler sur des chefferies plutôt que de faire le choix de quitter, temporairement ou non, la fonction publique hospitalière.

Ensemble, il faut trouver des éléments encourageants pour les collègues souhaitant exercer des postes à responsabilité.
Le rapport que produira la mission IGAS relative au CNG, devra permettre certes d’alimenter la feuille de route de la nouvelle direction générale, mais surtout d’amorcer le tournant vers une politique RH offensive pour promouvoir et valoriser les parcours professionnels et mieux accompagner les collègues en difficulté.
Nous ne pouvons rester au milieu du gué. Il faut trouver des ressorts nouveaux permettant de mieux suivre et soutenir les collègues en poste sur des chefferies, mais aussi les adjoints en difficulté ou ceux faisant le choix d’une orientation nouvelle.
Le SMPS a ainsi fait des propositions visant à mieux accompagner la carrière des collègues, que ce soit en renforçant l’articulation avec l’EHESP, avec l’ANFH pour un meilleur suivi des formations continues ou encore en développant davantage les dispositifs de type coaching.
Pour les administrateurs civils, le CNG demeure un « modèle » de gestion unique d’un corps. Sachons ensemble en dépasser les limites au service d’un management plus dynamique et surtout respectueux des souhaits de carrière formulés par les collègues.

Au moment où les CAPN seront désormais réduites à peau de chagrin, il s’agit ensemble de mettre en place toutes les garanties pour que l’accès aux responsabilités soit basé sur des éléments objectifs de reconnaissance professionnelle et régulé pour éviter le discrétionnaire.

En 2020, vous pourrez compter sur un SMPS attentif, combatif et surtout force de propositions pour permettre au vaisseau hôpital de retrouver son cap et de garder son statut de fleuron national. Gardons les bonnes intentions mais surtout agissons !