CCN du 22 janvier 2020 : L’instance de la dernière chance pour les directeurs de la fonction publique hospitalière ??

Publié le : 23 janvier 2020
Profils :  DH, D3S, DS

Comme le veut la coutume, le SMPS a débuté la séance en adressant ses meilleurs vœux à l’ensemble des représentants participant à ce premier CCN de l’année. Il a également souhaité des échanges francs mais surtout constructifs et empreints de bienveillance au service de tous les collègues directeurs.

Le SMPS, a su faire entendre la déception des directeurs de la FPH d’être si peu soutenus en 2019, et sera particulièrement attentif à ce que le temps de l’opprobre et de la mise en cause injustifiée soit révolue en 2020 pour laisser place à l’échange et à la construction avec les corps de direction.

Le contexte et l’état actuel de l’hôpital public l’exigent.

Il ne s’agit pas de répondre à une crise passagère mais bien d’entendre que c’est grâce à l’engagement et au courage des directeurs que les réformes structurelles aboutiront. En cela, le SMPS a, à nouveau, attiré l’attention sur la nécessité que les conditions d’exercice des directeurs soient profondément améliorée, condition sine qua non d’une attractivité des métiers encore à retrouver.

Ainsi, lorsqu’il a fallu se prononcer sur le nombre de places à offrir à chaque concours, le SMPS conscient de la nécessité de maintenir un haut niveau de sélection, a fait le choix de s’abstenir pour 2 motifs :

– Absence d’outils précis des GPEC pour tous les corps, tel qu’il l’a aussi relayé aux Inspecteurs de l’IGAS chargés de la mission sur le CNG, en novembre 2019.

– Baisse du niveau de sélectivité du concours D3S en raison du maintien du nombre de postes offerts dont les derniers chiffres fournis par le CNG montrent qu’ils ne sont jamais pourvus en totalité. Ce maintien n’apporte aucune solution à la défection du secteur, qui est d’ailleurs insuffisamment soutenu politiquement (retards loi Grand âge et autonomie, insuffisance de financement du handicap…) et donc ne peut pas être attractif.

Etre cadre dirigeant de la fonction publique se mérite. Notre responsabilité est immense et pas uniquement d’un point juridique. Politiquement aussi notre action a des conséquences pour un territoire, une population.

Le SMPS a aussi fait part de sa forte préoccupation quant au concours d’AAH pour lequel seulement 50% des postes sont pourvus au final. Après la déception des mesures relatives au GRAF parues à l’été 2019, il semble essentiel de leur proposer de réelles perspectives financières, sans quoi le corps des attachés est plus que jamais voué à la disparition et les équipes de direction vouées à aller chercher ailleurs les compétences que la fonction publique ne sait plus attirer.

Ce CCN a été aussi l’occasion d’évoquer le bilan de la PFR pour 2018. Si le dispositif apparaît aujourd’hui saturé, l’absence de perspectives d’évolution nous semble intenable au regard de l’investissement et de l’engagement des directeurs de la FPH, y compris dans une tourmente quasi permanente.

Le SMPS a d’ailleurs dénoncé la campagne de désinformation quant aux objectifs de la PFR qui a déchaîné certains réseaux sociaux contre les directeurs. Il a rappelé que les directeurs ne pouvaient être injustement attaqués sur leur rémunération laquelle n’est que la juste compensation des responsabilités et du statut qui sont les leurs.

L’attractivité de nos métiers, c’est enfin offrir des conditions de travail acceptables à l’ensemble de nos collègues.
En ce sens, la mise en place d’une fiche de signalement des événements indésirables est un signal positif, lequel doit absolument être complété par la création d’outils de prévention et de suivi de la santé au travail comme une médecine préventive, un service de psychologie au travail et un comité médical spécifique aux corps de direction, dont le principe est pourtant acté depuis le protocole de 2011, pour permettre aux collègues en difficulté de retrouver des conditions d’exercice sereines.

Le CCN a aussi été l’occasion, au travers de l’étude du bilan social, de mesurer combien l’étude approfondie des caractéristiques de nos métiers nécessite une consolidation forte des outils de suivi et d’analyse du CNG et une mobilisation de toutes les composantes de l’Etat pour permettre à nouveau aux directeurs de construire des parcours professionnels denses et sources de reconnaissance.

Le SMPS, soucieux de l’avenir de tous ceux qu’ils représentent, reste persuadé que la chaîne managériale dans son ensemble doit être mieux reconnue, mieux protégée et mieux accompagnée. C’est à cette unique condition que les directeurs de la FPH pourront continuer à agir en proximité et à porter des réformes courageuses pour l’avenir du système de santé et du secteur médico-social.