CCN du 2 février 2021 : Il est urgent que l’Etat soit à la hauteur de l’engagement des directeurs des soins !

Publié le : 2 février 2021
Profils :  DH, D3S, DS, Détachés

Ce premier CCN de l’année 2021 était consacré exclusivement aux directeurs des soins car les données statistiques n’étaient pas disponibles en décembre dernier. Le SMPS avait d’ailleurs fait part de son mécontentement de ne pas pouvoir examiner conjointement les données statistiques des trois catégories.

Les attentes sont considérables pour les directeurs des soins. Nous voulons croire que l’heure de la reconnaissance est enfin venue pour eux alors que les premières réunions de négociation visant à la revalorisation de leur grille, devrait débuter dans quelques semaines maintenant.

En effet, derrière les quelques signaux positifs adressés à partir du Ségur, qu’espérer concrètement pour les directeurs des soins ? Ils ne pourront bien sûr se contenter de bribes tant les attentes et les espoirs qui s’y rattachent sont grands !

Le SMPS ne s’y est d’ailleurs pas trompé, en bataillant jusque tard dans la nuit des négociations du Ségur, pour obtenir leur inscription dans le protocole d’accord.

Mais le SMPS reste vigilant pour que cette négociation ne cède pas à la tentation d’ajuster encore une fois le statut des DS par rapport aux autres grades de la filière soignante au lieu de le hisser définitivement parmi les corps de la haute fonction publique hospitalière. Ce qui est d’évidence sur le terrain mais qui ne va malheureusement pas encore de soi pour les ministères.

Les documents statistiques qui ont été donnés à examiner ce jour sont par ailleurs édifiants quant à l’évolution du corps des directeurs de soins. Ils traduisent une claire désertion avec des effectifs qui ne cessent de baisser d’année en année. Certes, ces sorties résultent mécaniquement de l’effet « troisième carrière » avec de nombreux départs en retraite, mais cela n’en est pas l’unique cause.

Ainsi l’on constate :

  • une baisse considérable du nombre de DS en CHU/ CHR et en CH ;
  • 70% des DS HC sont au 7ème/8ème échelon sans progression possible sauf à prétendre à un emploi fonctionnel dont le nombre est très limité… et a encore été réduit lors de la dernière actualisation datée du 14 octobre 2020 ;
  • l’essoufflement du dispositif PFR qui ne permet plus aujourd’hui de valoriser les mérites de chacun.

Cette question de la refonte du dispositif de PFR dépasse le seul corps des DS et concerne également les DH et les D3S. mais elle est particulièrement aiguë pour des collègues en 3ème partie de carrière qui ne peuvent plus être justement distingués par leur engagement sans faille. Aucune chance que la solution vienne d’un alignement avec le RIFSEEP de l’Etat dont il a été clairement établi qu’il nous était inapplicable.
Et l’histoire récente nous a en effet montré de la plus amère des manières, que l’alignement sur la FPE s’apparentait  parfois davantage à un ersatz d’avancée sociale qu’à un remède pourtant attendu et parfois ardemment défendu.
En effet, la parution récente et même en catimini de l’arrêté définissant le taux de promotion pour l’accès à la hors classe des DH, nous met en colère sur l’incapacité de l’Etat à valoriser nos spécificités.

Quant aux D3S, les premières mesures issues de l’avant-projet de loi 4D, désormais repoussé en raison d’une actualité parlementaire chargée, sont venues faire craindre une dislocation du corps, avec la possibilité de transfert des directeurs exerçant dans le secteur de l’enfance à la FPT. Sans oublier un projet de loi « grand âge » dont les ambitions ne cessent d’être diminuées avec le risque d’être désormais réduites à un énième plan au goût de déjà-vu…

Face aux hésitations de l’Etat sur la stratégie vaccinale et aujourd’hui sur un éventuel 3ème reconfinement, les manageurs de santé sur le pont depuis bientôt un an maintenant, ont plus que jamais besoin d’un réel soutien et non d’un démantèlement à fleuret moucheté.

De ce point de vue, il faut espérer que les négociations pour la revalorisation des grilles des DS, lesquelles sont désormais imminentes, ne seront pas vaines…Un nouveau coup d’épée dans l’eau pour des directeurs dont le mérite doit, dans le marasme actuel, être enfin reconnu à sa hauteur serait hautement délétère. Sans quoi les constats que nous tirions de l’analyse statistique, finiront par avoir valeur de prophétie auto-réalisatrice !

En cela, il faudrait pouvoir tirer les leçons d’une année de gestion de crise et s’appuyer sur l’expérience des directeurs, leur capacité jamais démentie à trouver des solutions y compris face à l’impensable.

Aux jours sans fin que nous connaissons depuis plus d’un an maintenant et face à un avenir toujours difficile à imaginer, devra répondre lorsque les circonstances le permettront, une réelle réflexion sur le système de santé que nous voulons et les moyens (pas uniquement financiers) d’y parvenir.

En 2021 comme en 2020, il faudra compter sur un SMPS résolument engagé pour que les corps de direction, fers de lance de la bataille contre l’épidémie, ne soient pas, une fois de plus les grands oubliés mais au contraire enfin reconnus à leur juste valeur.