Comité de sélection DH : La reconnaissance se fait attendre mais la contrainte demeure

Publié le : 19 septembre 2017
Profil : DH

De nombreux candidats se sont présentés au Comité de sélection du 19/09/2017 pour obtenir des chefferies d’établissements hospitaliers. Il faut y voir sans doute l’effet du décret de 2012 qui fixe à 4 ans la durée de détachement sur emploi fonctionnel, renouvelable une fois. A l’avenir, le comité de sélection devra sans nul doute se préparer à répondre aux souhaits des directeurs actuellement en poste, sans oublier les attentes légitimes de ceux qui y aspirent.

Les chefs d’établissement ont vu leur champ de responsabilité s’accroître, devant ainsi rendre compte, lors de leur évaluation, de la bonne avancée de leur GHT, au-delà du fonctionnement propre de leurs établissements. Il leur faut renforcer voire construire des coopérations dans un contexte de tensions sociales aigües avec un cadre juridique territorial qui n’est pas stabilisé, en particulier en matière de délégations de compétences, pour les fonctions dites « mutualisées ».

Selon le sondage IFOP sur la perception des GHT par les Directeurs, 70 % des répondants attendent un accompagnement des pouvoirs publics sur l’évolution de leur métier. C’est d’autant plus compréhensible que seuls 27 % des collègues ont une vision plutôt, ou tout à fait claire de leur avenir au sein du GHT. Par ailleurs, 64% des répondants considèrent que les GHT ont entraîné ou vont entraîner une dégradation des conditions de travail ; et ils jugent à 79 % que la mise en œuvre des GHT nécessite une revalorisation des conditions d’exercice et de statut.

Pour autant, les reconnaissances statutaires, la prime d’exercice territorial et les mesures d’accompagnement restent à l’état de discussions et de promesses. Les textes pourtant validés en Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière doivent faire l’objet d’une nouvelle série d’arbitrages interministériels et pourraient être remis en cause. Et ce, dans un silence assourdissant, qu’il s’agisse des tutelles ou des pouvoirs publics concernant le cap stratégique à mettre en œuvre.

Les professionnels sont pleinement investis, chaque jour, pour garantir la réussite des transformations hospitalières et médico-sociales : comment leur dire que ces réformes doivent être poursuivies coûte que coûte, tandis que leur reconnaissance et leur revalorisation sont soumises à d’incertaines négociations ? La DGOS assure de son soutien et de son engagement pour que ces textes fassent l’objet d’arbitrages favorables. Néanmoins, il est incompréhensible, pour des professionnels engagés et portant les réformes, de devoir toujours attendre une reconnaissance qui ne vient pas.

Lors d’un colloque en début de semaine, Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé a reconduit Monsieur E. Couty dans ses missions relatives au règlement de conflits à l’hôpital et à la préfiguration d’un dispositif national et territorial de médiation. Favorable à cette démarche engagée, le SMPS souhaite que les directeurs soient rapidement intégrés dans ce dispositif. La gouvernance renforcée de la stratégie nationale sur la qualité de vie au travail souhaitée par la Ministre saura établir des directives que les directeurs d’établissement auront à appliquer, n’oublions pas de leur en faire bénéficier!