Retraites : ne pas faire des hospitaliers les oubliés de la réforme !

Publié le : 27 janvier 2020

Tandis que les négociations menées ont permis de réelles avancées dans certains ministères et que le Conseil d’Etat a fait part de ses réserves sur le texte, le SMPS ne peut que regretter le peu de considération apporté aux hospitaliers pourtant parmi les plus touchés par la pénibilité !

Bien que conscient de la nécessité d’une réforme du système actuel des retraites, le SMPS ne peut, en l’état de crise que connaît l’hôpital public, accepter que ses professionnels en soient les perdants.

Bien sûr la convergence vers un système universel est séduisante… tant qu’elle ne gomme pas certaines spécificités au premier rang desquels la pénibilité. En ce sens, les premières mesures annoncées, outre leur absence de prise en compte de la communauté hospitalière dans son ensemble (soignants, techniques, administratifs…), interrogent.

La mise en place d’un système universel de retraites va en effet se traduire par des changements profonds pour les hospitaliers et pour leur pouvoir d’achat :

– Prise en compte des points cumulés sur l’ensemble de la carrière pour le calcul des droits à pension et non plus sur les 6 derniers mois avec un risque de baisse du niveau des pensions ;

– Prise en compte des primes dans le calcul des droits à pension, une avancée pour beaucoup mais une forte probabilité de baisse du niveau des pensions pour ceux dont l’essentiel de la rémunération repose sur le traitement de base ;

– Suppression du dispositif des catégories active et des autres dispositifs de départ anticipé ou de bonification.

Fidèle à son esprit réformiste, le SMPS propose dans ce cadre :

– La pénibilité vécue dans les services de soins doit être prise en compte en vue de pouvoir partir de façon anticipée à la retraite. Le passage au compte professionnel de prévention (C2P), utilisé dans le secteur privé, doit intégrer de nouveaux critères : les postures pénibles, la manutention manuelle de charges, l’accueil d’un public vulnérable et/ou difficile. Les critères actuels du C2P doivent par ailleurs être adaptés aux métiers de la fonction publique hospitalière ;

– Les bonifications existantes doivent être maintenues notamment la majoration d’un an tous les 10 ans de la durée d’assurance des fonctionnaires hospitaliers ;

– Les professionnels qui bénéficiaient jusqu’alors de la catégorie active ne doivent pas se voir appliquer l’âge d’équilibre mais voir leur retraite calculée à partir de l’âge d’ouverture des droits ;

– la mise en oeuvre de la retraite progressive dans la FPH ;

– mieux accompagner les fins de carrière des cadres en proposant des mesures dédiées.

Le SMPS accueille toutefois avec satisfaction la suspension de l’« âge-pivot » fixé à 64 ans, annoncé en décembre dernier, comme modalité unique d’équilibrage du financement du système. En effet, toutes les pistes de financement doivent être envisagées et pas uniquement une mesure d’âge.

Le SMPS, aux côtés de l’UNSA Santé et Sociaux, contribuera donc à la future conférence sur le financement proposée par le Premier Ministre, pour que les hospitaliers ne soient pas les grands oubliés de la réforme.

Il y va de l’attractivité des métiers de l’hôpital public !