Instance collégiale DH du 21 septembre 2021 : il n’y a plus de règles du jeu et rien ne va plus !

Publié le : 21 septembre 2021
Profil : DH

mardi 21 septembre 2021

« Notre déclaration sera courte, pour laisser place au débat, à un moment grave qui peut faire basculer l’instance collégiale dans l’abîme des tripatouillages au détriment de l’équité et de la transparence.

Le SMPS a communiqué la semaine dernière sa désapprobation du rejet des 7 candidatures short-listées pour le CH de Laval et de la déclaration d’infructuosité du processus.
A Erstein aussi le processus est stoppé une nouvelle fois.
Caricature supplémentaire d’un processus qui n’a jamais trouvé son rythme, cet acte est l’illustration, le SMPS l’a dit, d’une perte de crédibilité totale de l’instance collégiale des directeurs d’hôpital.

Aujourd’hui encore, réunis pour un nouveau tour de mutation qui est d’ores et déjà gangréné par l’ingérence et vermoulu par le poison du soupçon, nous ne savons pas exactement quoi penser :
Faut-il rire jaune de cette situation d’effritement programmé d’un processus si jeune ? Ou faut-il pleurer comme les collègues, évincés, humiliés, relégués et frappés par le désarroi de ne pas pouvoir construire sereinement la suite de leur carrière ?

En tout état de cause, nul était besoin de concocter un bilan de cette instance si creux au mois de juin, pour en occulter, en septembre, le régime…occulte, justement, qui efface toute utilité aux collègues à chercher une logique de parcours et de valorisation de leur expérience.
Pour prolonger la longue litanie des dysfonctionnements de cette instance nous citerons :

  • Un échec de l’accélération des processus qui instaure le chevauchement des cycles de publications ET induit, par sa lenteur, des recrutements fléchés sur les postes d’adjoint fonctionnel.
  • Un formatage des emplois fonctionnels au profit d’initiatives individuelles, si vertueuses soient elles, dans l’idée de redresser des établissements en grande difficulté comme à l’APHM.

Alors que les organisations de directeurs réclament depuis de nombreuses années le repyramidage de ces mêmes emplois pour mettre fin aux impasses professionnelles devenues légion, notamment depuis le vote de la loi TFP et son couperet à 8 ans, cette situation devient ingérable.

Alors que faire ?
Peut-on indéfiniment fermer les yeux, réunir inexorablement notre instance et faire comme si de rien n’était ?
Continuer à classer les candidats de façon anodine, au regard de critères que nous n’osons plus expliquer à nos collègues et qui ne respectent qu’eux-mêmes, tant ils sont piétinés par les ARS, autorité de recrutement elles-mêmes ?
Pour le SMPS, la situation ne peut demeurer ainsi.

Si le SMPS n’était pas en représentation des intérêts individuels des collègues, il prônerait le boycott pur et simple de l’instance, vidée de son sens et du respect de l’Etat lui-même par son attitude paradoxale, entre les différents niveaux de décisions.
Ce contexte délétère a été annoncé par le SMPS dès la constitution de l’IC, lorsque le fait paritaire a été balayé par la relégation au rang de « membre à voix consultative » des syndicats a été acté, conforté par la voix prépondérante de la directrice générale.

Le risque de régionalisation des recrutements n’est plus une hypothèse, sur fond de discrédit jeté par certaines ARS dès avant l’instance collégiale, sur le mode de fonctionnement et l’utilité même du CNG y est pour beaucoup aussi.

La démission du premier groupe des personnalités qualifiées aurait dû nous permettre un aggiornamento de ce cercle déjà usé par les manœuvres. Il n’en est rien et nous voilà dans l’impasse.
Cette situation est insupportable.

Le SMPS demande un débat de fond sur l’avenir de l’instance collégiale des Directeurs d’hôpital avec la DGOS et le Cabinet.
Il nous faut trouver des solutions pérennes pour effacer cette mascarade organisée.
Et ne soyons pas dans l’incantation : l’Etat n’étant plus lui-même garant de l’équité et du droit, il va nous falloir être inventif.
Recours aux viviers à l’instar de certains grands corps, professionnalisation des sélections (car oui il faut sortir de la logique du recrutement par téléphone et des sélections par franche camaraderie ou en conflits d’intérêts déjà dénoncées !), renversement des règles de recrutement imposées par la loi TFP ? Bien des pistes sont à portée de mains.
Car nous voulons garder espoir que le sort des collègues en vaut la peine, nous voulons croire que l’Etat va comprendre de ses errements et proposer un mode de fonctionnement de notre instance à la hauteur de enjeux.

Il n’y a plus de règles du jeu, rien ne va plus pour les directeurs, l’Etat en est pleinement responsable.
Les directeurs d’hôpital méritent autre chose, attendent autre chose que la combinazione et le mépris.
Je vous remercie. »

Le SMPS porte la vision des directeurs et des cadres hospitaliers, fidèle aux valeurs d’un service public de santé tourné vers l’avenir