Comité de sélection D3S du 25 juin 2020

Publié le : 25 juin 2020
Profil :  D3S

Retrouvez ci-dessous la déclaration liminaire du Comité de sélection du 25 juin 2020.

« Madame la Présidente,
Madame la Directrice Générale,
Mesdames et Messieurs,
Chers Collègues,
Chaque instance nationale est l’occasion d’évoquer les actualités des secteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux mais également les besoins et les attentes des professionnels.

Mais si l’on en croit les futures modifications des compétences des comités de sélection et des CAPN, nous pouvons nous interroger sur la place du dialogue social avec les organisations syndicales représentatives des directeurs et des directrices de la fonction publique hospitalière.

Alors même que le contexte sanitaire aurait dû inciter l’Etat à renforcer plus que jamais les assises du dialogue avec les organisations sociales représentatives des D3S, les chefs d’établissement ont dû écouter les directives du gouvernement devant leur écran télévisé comme le citoyen lambda, aucune anticipation des décisions ne leur a été fournie.
Il est vrai que les directeurs et directrices avaient toute la nuit pour réfléchir à la mise en œuvre des mesures, rédiger les notes de service et les courriers à destination des familles, baliser les circuits …
Cette gestion de crise a été complexe à tous les niveaux, elle a bouleversé l’organisation des établissements sociaux et médico-sociaux. Les directeurs ont dû composer, à plusieurs reprises, avec des instructions tour à tour manquantes, incomplètes et parfois même contradictoires annoncées par le gouvernement et les ARS.
Cette absence de lisibilité concernant les actions à entreprendre a été et continue d’être une source de complexité pour les D3S et leurs équipes, alors qu’ils se sont dépensés sans compter pour concilier sécurité sanitaire des résidents, réponses aux besoins des usagers et continuité des prises en charge.
L’accompagnement des autorités et leurs exigences ont été complètement différents d’un département à l’autre mais également d’un secteur à l’autre : silence de certaines autorités, manque de repérage concernant les besoins et  la réalité du terrain.

Nous réitérons notre soutien à toutes celles et ceux qui ont fait face à cette crise sanitaire sans précédent, aux difficultés, au manque de moyens ; tout en mettant tout en œuvre pour protéger les populations en établissement et à domicile.

Le SMPS fait le constat depuis trop d’années du manque de moyens dans les secteurs sanitaire, social et médico-social. Cette crise révèle ce manque de moyens au grand jour pour ceux qui en doutaient. Les publics accueillis souffrent trop de l’inertie, de la rigueur économique, et du malaise généralisé dans l’ensemble des métiers de la fonction publique hospitalière.

La prise en compte des besoins de tous les managers et de tous les agents du service public hospitalier est l’une de nos préoccupations centrales, surtout dans un contexte de difficultés multiples. Tous méritent de travailler dans des conditions optimales, d’avoir la reconnaissance de l’Etat, alors que la crise généralisée que connait aujourd’hui notre système de santé ne semble pas s’affaiblir.

Peut-être allons-nous observer autour de toute l’agitation autour des secteurs sociaux et médico-sociaux le signe du réveil d’une conscience collective, pour relever de façon ambitieuse le défi de la dépendance, de la prise en charge adaptée des personnes en situation de handicap et de l’enfance en danger.

Concernant l’attribution d’une prime exceptionnelle dans le cadre de la gestion du Covid19, le décret tant attendu 2020-711 du 12 juin, publié quasiment un mois après le décret n° 2020-568 du 14 mai 2020 relatif aux professionnels des établissements publics de santé, crée des distorsions considérables entre professionnels. Ces deux décrets instituent donc des primes dont le montant est différencié selon le statut des établissements publics de santé et les départements, selon le sanitaire ou le médico-social, selon les établissements autonomes et les établissements rattachés à des établissements publics de santé…

Face aux défis de grande ampleur que doivent relever les D3S et leurs équipes, le SMPS souligne le besoin urgent de reconnaissance du secteur, de ses professionnels, de ses manageurs et la nécessité d’unifier le pilotage médico-social. Cette unification passera nécessairement par un plan grand Age et une revalorisation du secteur du handicap et de l’enfance à la hauteur des besoins du terrain.
Ce que nous souhaitons qu’il soit retenu dans le cadre du Ségur de la Santé : ce n’est qu’avec une solide organisation territorialisée et transversale que la notion de parcours pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, notamment, prendra tout son sens en décloisonnant notre système de santé. Au-delà, et dans cette logique, l’offre doit être repensée en lien avec le maintien à domicile, l’exercice libéral mais également en coordination avec le secteur sanitaire.

Nous avons à cœur de voir aboutir tous les projets en cours pour les populations accompagnées, accueillies et hébergées dans les établissements dont les pouvoirs publics nous ont confié la gestion, et nous ne cesserons pas de l’affirmer.

Le SMPS, en tant qu’organisation représentative, en portant une conception éminente du métier de D3S, réclame la lisibilité suffisante des perspectives de carrière des D3S et la réponse aux besoins des populations vulnérables, dans le cadre d’une stratégie ambitieuse et collective, qui se voudra transformative et évolutive. »