Lettre ouverte du Président du SMPS aux adhérents

Publié le : 11 juin 2019

Chère adhérente, Cher adhérent,

Lors de son installation le 5 juin 2019, le Conseil National du SMPS a souhaité, dans cette période particulièrement complexe pour les hôpitaux et les EHPAD publics, et au regard de l’avenir incertain de nos professions, que je continue à assumer la responsabilité de Président du SMPS malgré ma nouvelle position administrative.

Il m’a formellement renouvelé sa confiance et j’ai bien entendu accepté de poursuivre ma mission compte tenu, d’une part, de mon profond attachement au service public de santé et d’autre part, en raison de la crise profonde que traversent l’hôpital et les EHPAD publics, sans oublier le malaise que rencontrent de nombreux collègues dans l’exercice quotidien de leurs responsabilités.

Dans un contexte où le Parlement débat sur l’avenir du système de santé et sur la réforme de l’ensemble de la fonction publique, il me paraît nécessaire de vous faire part de mes sentiments quant à l’action à engager.

Concernant le projet de loi « Ma Santé 2022 », l’ambition est intéressante mais le débat démocratique est confisqué. Alors que la Santé a été plébiscitée lors du « grand débat », le processus  parlementaire reste verrouillé, du fait d’un agenda très contraint et du choix des ordonnances pour légiférer, laissant peu de place aux professionnels et aux usagers pour apporter une vision de terrain. Notre syndicat a des propositions concrètes à faire et qui ont été formulées, pour partie, dans le cadre du « « groupe des 26 » sur ma proposition.

Concernant le projet de loi « Fonction publique », il est clair que les corps de directeurs risquent de disparaître au profit d’administrateurs de santé formés dans une école unique pour la fonction publique, avec une spécialisation en fonction des choix effectués par les élèves à la sortie. A cela s’ajoute la possibilité de nommer, sur les plus hauts postes hospitaliers, des contractuels, issus ou non de la fonction publique, alors même que la confusion la plus totale règne actuellement sur les nominations et promotions de cadres de directions. Là aussi, notre syndicat doit faire des propositions d’avenir pour nos professions.

Enfin, je souhaite vous exprimer deux convictions fortes.

La première, c’est l’urgence à donner de la souplesse aux organisations hospitalières, sociales et médico-sociales, en proposant un nouveau cadre d’exercice à nos établissements. Il n’est pas anodin que la crise touche particulièrement les hôpitaux publics, jusqu’à provoquer un départ massif de nos professionnels, médicaux notamment, vers d’autres secteurs, voire à l’étranger. Nous devons délibérément nous engager dans cette réflexion en faisant des propositions exigeantes et ambitieuses.

La deuxième, et pour moi c’est une évidence, nous devons redéfinir le positionnement de notre syndicat vis-à-vis des dirigeants exerçant dans la sphère hospitalière publique et assumant des responsabilités de management réels, et non pas statutaires ou honorifiques, dans nos établissements. Il me parait urgent et nécessaire, si l’on s’intéresse à l’hôpital public et non pas aux égoïsmes corporatistes, de constituer un vrai syndicat représentant les manageurs de l’hôpital et du secteur médico-social, qui regroupe l’ensemble des acteurs concernés y compris nos collègues et amis médecins. Une telle force aurait pour avantage de mieux défendre nos institutions mais aussi de peser dans les négociations sur les conditions de travail et de rémunération avec les pouvoirs publics, tout en rappelant que nous portons ensemble au quotidien l’avenir du système de santé, en privilégiant les actes aux grands discours.

Voilà quelques éléments dont je tenais à vous faire part, par honnêteté et transparence, et qui justifient la continuité de ma mission. Cette mission n’a bien entendu de sens qu’au sein du collectif d’élus et de militants que j’ai l’honneur de représenter et qui sont mobilisés, plus que jamais, au service de nos adhérents et au delà, des professionnels des établissements de santé.

Bien amicalement,

Jérémie Sécher, Président du SMPS