Instance collégiale D3S : pour l’État, il est urgent de ne rien faire

Publié le : 18 novembre 2021
Profil : D3S

Nous nous réunissons à nouveau pour étudier les candidatures suite à la parution des chefferies D3S du 23 septembre 2021. Alors que le calendrier des réformes s’éteint lentement pour faire place au calendrier électoral, un rapide bilan laisse un goût amer : après des annonces en fanfare sur l’autonomie visant à donner des financements permettant d’assurer un accompagnement digne et humain, le choix a été fait d’y renoncer et d’y substituer des appels à projets qui ne se traduisent aujourd’hui que par des enquêtes. Le bricolage pour seul système, l’outil bureaucratique pour seul horizon.

La loi 3DS pour démanteler les D3S est heureusement reportée mais que de temps perdu pour les personnes accueillies, les établissements de l’enfance qui ont vu une vacance de poste de directeur et qui se retrouvent affaiblis. Tous ces atermoiements pour qu’en définitive des postes se libèrent avec toujours cette incertitude quant au maintien de ces établissements dans la FPH.  Quel message envoyé à nos collègues élèves directeur ! Quelle reconnaissance du travail fourni ! Toujours pas de Ségur pour l’enfance.

Ils pourront se rassurer. L’ensemble des secteurs se voit en variable d’ajustement d’un agenda politique qui semble peu préoccupé par les personnes vulnérables.

Le secteur du handicap vient de se voir reconnaître sa participation à l’effort face au COVID 19. Mais là encore, la partition n’est qu’incomplètement jouée, puisque certains personnels restent sur le quai à regarder passer le train des mesures salariales. Ce secteur, comme les deux autres, souffre d’un manque d’une réelle ambition politique afin que la prise en charge de ces populations fragiles soit à la hauteur des attentes et des besoins. Les places manquent en nombre dans tous les départements et les délais d’entrée, augmentant, deviennent intolérables. Peu de solutions pour les personnes handicapées vieillissantes qui engorgent les places des adultes. Et donc un embouteillage pour les plus jeunes qui ne trouvent plus de place, malgré les amendements Creton. Quand reconnaîtra-t-on le handicap tout au long de la vie, sans faire de distinction d’âge, notamment à 60 ans ?

Enfin, le compte n’y est pas encore au niveau de nos EPRD 2021, notamment en ce qui concerne la prise en compte du Ségur et de la crise sanitaire. Aujourd’hui, les établissements sont les banquiers du Ministère. En effet, ils avancent des sommes dont ils ne sont pas certains de retrouver les compensations.

Ainsi, il sera facile aux autorités de tarification de reprocher aux directeurs de ne pas savoir tenir les cordons de la bourse. Mais comment peut-on serrer le haut de la bourse, quand le bas est décousu ? Par ailleurs, le fait que ces mesures ne fassent l’objet que de CNR dans nos EPRD ne présage pas d’un avenir serein en ce domaine. Devra-t-on mieux payer moins de personnels ? Nous nous y refusons et demandons à ce que le Ministère honore ses engagements, notamment en matière de CTI et de surcoût COVID. Ce n’est pas aux établissements, aux personnels et aux résidents de payer des décisions qui ne rencontrent pas de mesures concrètes dans l’évolution des prix de journée, hébergement, dépendance et soin.

Enfin, le SMPS, comme toutes les autres organisations représentatives du personnel de direction attend un calendrier qui tarde à venir pour statuer sur le problème de la fusion, à laquelle nous sommes opposés. Nous demandons de manière constante l’alignement des rémunérations sur nos collègues DH. Les maigres avancées pour nos collègues DS n’augurent rien de bon.

Tandis que le corps politique, Tartuffe moderne, semble découvrir les problèmes qu’il génère depuis 30 ans, la démotivation des personnels et les démissions et l’insuffisance des effectifs, rappelons Cormac Mc Carthy et Ses si jolis chevaux : « On ne sait jamais quand on aura besoin de ceux qu’on a méprisés ».

Cette parution, pour laquelle nous sommes aujourd’hui réunis en instance collégiale, a recueilli un nombre conséquent de candidatures, supérieur à ce que nous avions pu constater précédemment. Mais, n’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt, car cette parution a fait suite à la période de congés d’été et au fait que certaines chefferies en foyer de l’enfance et de l’adolescence n’ont pas été ouvertes aux élèves sortant de l’EHESP, par anticipation à une loi en définitive enterrée. Il y a probablement eu confusion entre Prudence, mère des sûretés et servilité, gage d’esprit de Cour.

Concernant cette instance collégiale :

  • Les emplois fonctionnels :
    • 9 établissements – 3 sans candidature (1/3) : les deux du secteur du handicap et un du secteur de l’enfance
    • 16 candidats : 12 D3S – 3 DH – 1 non fonctionnaire – 2 candidatures multiples

 

  • Les autres emplois
    • 31 établissements – 8 sans candidature (1/4)
    • 47 candidats : 28 D3S – 3DH – 1 AAH – 1 administrateur INSEE – 14 non fonctionnaires
    • Sur les 5 CH, il y a 10 candidats et 1 CH n’a pas recueilli de candidature
    • Les 11 foyers de l’enfance et de l’adolescence ont recueilli 9 candidatures, 4 sont restés sans candidat
    • Sur les 4 établissements relevant du secteur du handicap, 1 établissement n’a pas recueilli de candidature, les 3 autres attirent 13 candidats
    • Sur les 11 EHPAD, 2 étant sans candidature, il y a 25 candidats.
    • 5 candidats le sont sur les 2 tableaux
    • 1 établissement du secteur de l’enfance attire 9 candidats, alors qu’un EHPAD en attire 8 et un autre en attire 7

Le SMPS porte la vision des directeurs et des cadres hospitaliers, fidèle aux valeurs d’un service public de santé tourné vers l’avenir