« Demain, c’est loin » Déclaration liminaire du SMPS lors de l’instance collégiale D3S du 5 février

Publié le : 5 février 2021
Profil : D3S

 » Madame la Présidente,
Madame la Directrice Générale,
Mesdames et Messieurs,
Chers Collègues,
 
Nous voici réunis ce jour pour statuer sur l’avenir professionnel de plusieurs de nos collègues.

Après les bons vœux que nous avons formulés en début d’année, emprunts d’un optimisme à toute épreuve, les difficultés à se projeter dans l’avenir ne sont plus latentes, mais belles et bien présentes.

La nouvelle flambée épidémique, couplée d’une accélération de la campagne vaccinale dont la gestion reste sujet à caution tant par l’opinion publique que par les professionnels de terrain, rendent encore plus difficiles les conditions d’exercice des DESSMS.

Les quolibets fusent de plus en plus à leur égard. Ils doivent faire face au mécontentement, si ce n’est au désarroi, de certaines familles, qui s’engagent parfois dans des procédures judiciaires à leur encontre dans le cadre de la gestion de la crise épidémique ; ils doivent faire face également au sentiment d’injustice de certains professionnels du secteur complètement et arbitrairement exclus du périmètre d’attribution du complément de traitement indiciaire, incluant des ruptures d’égalité difficilement gérables sur le plan managérial ; ils doivent aussi faire face à des injonctions paradoxales de l’Etat et de ses tutelles, qui usent la profession.

La profession était déjà fragilisée par le fait que les établissements sociaux, sanitaires et médico-sociaux sont soumis à l’effet boule de neige depuis plusieurs années : un absentéisme grandissant, un nombre de postes vacants éloquent – 20% des postes d’aides à domicile sont vacants, générant une pression supplémentaire sur les structures – et des conditions de travail qui se dégradent, rendant difficile la conciliation entre la qualité des prestations offertes aux usagers, le maintien de conditions de travail acceptables pour les professionnels et la continuité du service rendu.

C’était donc un premier jalon de la part de l’Etat que d’avoir proposé un projet ambitieux de loi Grand Âge qui offrait des perspectives positives au secteur. Nous l’apprenons en ce début du mois : le projet de loi flétrit et tombe en désuétude, pour être remplacé par un énième « plan ». La question du grand Âge  n’est-elle pas assez prioritaire pour faire l’objet de l’édiction d’une norme générale et fondatrice ? Le secteur du grand Âge et de l’autonomie, considéré comme « le fer de lance » de la réforme en cours selon Mme Bourguignon, ne mérite-t-il pas d’être soutenu par une loi structurante et englobant l’ensemble des réformes nécessaires pour assurer la pérennité de la prise en charge des usagers ?

Un pas en avant, et deux pas en arrière: c’est aussi le sentiment que donne l’Etat aux DESSMS travaillant dans le secteur de l’enfance avec son avant-projet de Loi 4D, qui vise à transférer les DESSMS du secteur à la FPT, faisant peser le risque d’un affaiblissement de la fonction, déjà fragilisée.
 
 
Face à leur fatigue et aux responsabilités qui leur incombent, les DESSMS placent leur espoir dans un avenir meilleur. L’Etat se doit de leur donner raison. » ». Le SMPS demande à l’Etat de mettre en place des mesures tangibles, rapidement, à l’égard du secteur médico-social. C’est une nécessité pour que les professionnels continuent de faire face à la crise que nous traversons. Face à leur fatigue et aux responsabilités qui leur incombent, les DESSMS placent leur espoir dans un avenir meilleur. L’Etat se doit de leur donner raison. »