Comité de sélection D3S : les populations les plus fragiles doivent être au cœur des débats

Publié le : 22 janvier 2019
Profil : D3S

Pour ce premier comité de sélection D3S de l’année 2019, le SMPS a rappelé que le contexte général des établissements sanitaires sociaux et médico-sociaux fait ressortir une tension toujours palpable ; tension à laquelle s’ajoute l’ambiance revendicative de la société qui y est relayée localement, rendant l’exercice managérial encore plus complexe.

Dans un moment où des France semblent s’opposer, l’impact des affrontements de chaque week-end, au-delà des forces de l’ordre, n’est pas mesuré sur le système hospitalier, puisque de nombreux blessés sont pris en charge et les personnels parfois sur-mobilisés. Aucun mot des pouvoirs publics sur l’investissement des fonctionnaires hospitaliers et les répercussions sur le système de santé.

Par ailleurs, comment envisager les conséquences de la médiatisation récente de la protection de l’enfance, le sort réservé aux collègues D3S qui œuvrent chaque jour dans un contexte compliqué et dépendant de la politique décidée localement par chaque département, sans l’impulsion d’une politique nationale commune et sans contrôle de l’application des textes règlementaires ?

L’indifférence potentielle à l’égard des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance pourrait se faire réellement sentir, comme c’est parfois le cas pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, faute d’avancées concrètes pour leur prise en charge et leur accompagnement. Les populations les plus fragiles doivent être au cœur des débats pour la définition de politiques publiques efficaces à la hauteur des enjeux tels que la jeunesse et la dépendance.

Dans ce cadre, l’engagement humain des femmes et des hommes au service de ces populations doit être reconnu, dans un contexte où la fatigue se fait de plus en plus sentir.

Au-delà du grand débat national actuel, les pouvoirs publics ne doivent pas se détourner des besoins de l’ensemble des usagers et des enjeux de nos secteurs. Aussi, il est urgent de sortir d’une stratégie se contentant de poser le sujet, créer des débats, rédiger des textes ou des rapports, pour n’obtenir au final aucune concrétisation positive sur le terrain.

Rien ne change pourrait être le thème du jour, alors qu’une révolution, au sens noble du terme, est essentielle et nécessaire pour faire évoluer les modes d’accompagnement et de financement, mais également les organisations.

Le comité de sélection de ce jour a permis aux membres de se prononcer sur les candidatures de collègues D3S, DH et des candidats non fonctionnaires. Non compris ces derniers, c’est 14 postes qui n’auraient pas eu de candidature de titulaires et malgré ce renfort, le nombre de poste n’ayant attiré aucun candidat reste important, de l’ordre de 15% des postes. A cela, s’ajoute le fait qu’il n’y a sur certains postes qu’un seul candidat, candidat qui a postulé sur plusieurs postes. Ainsi, à la prochaine CAPN nous déplorerons de nouveau de nombreux postes non pourvus.

Le manque d’attractivité peut une nouvelle fois expliquer ce phénomène et le manque de volonté d’une organisation territoriale efficiente conduira à prolonger des intérims et des conditions d’exercice pour les collègues directeurs mais également l’encadrement et les soignants avec davantage de difficultés.

Aussi, le SMPS réaffirme la nécessité du maintien en nombre suffisant de places au concours, solution pour assurer aux secteurs sanitaire, social et médico-social un recrutement en accord avec les besoins. Le SMPS réaffirme son attachement à l’égalité d’accès aux fonctions publiques, à l’indispensable équité dans le recrutement, et son soutien à une formation de qualité au sein de l’EHESP.

En portant une conception éminente du métier de D3S, le SMPS réclame la lisibilité suffisante des perspectives de carrière des D3S et la réponse aux besoins des populations vulnérables accompagnées, dans le cadre d’une stratégie ambitieuse et collective, qui se voudra transformatrice et évolutive.