Le 19 janvier dernier, à l’occasion de la table ronde organisée à l’EHESP, le SMPS, comme les autres organisations syndicales, a pu échanger avec de nombreux futurs collègues. Si certains se réjouissent légitimement de leur admission, d’autres nous interpellent déjà : « À quand notre tour ? » s’agissant des revalorisations. Une question revient avec insistance : le corps des D3S a-t-il vocation à n’être qu’un simple tremplin vers celui des DH ?
Dans ce contexte, nous ne pouvons que saluer les rares collègues ayant fait le choix de renoncer au bénéfice du concours de DH au profit de celui de D3S. Un choix courageux, qui se traduit par un renoncement à près de 1 400 euros mensuels de rémunération supplémentaire par rapport à leur homologue DH (dans la situation d’un élève admis au titre du concours externe).
Des concours quasi identiques, des formations d’une durée équivalente, des niveaux de responsabilité comparables : l’amertume est grande.
Il est urgent de mettre fin à cette hypocrisie institutionnelle qui nous conduit, inexorablement, vers l’extinction du corps des D3S.
Par ailleurs, la gestion prévisionnelle des métiers et des compétences (GPMC) du corps interroge fortement. Alors que nous avons frôlé une situation critique l’an dernier, faut-il réellement poursuivre une politique de massification des promotions alors même que le nombre de postes offerts continue de diminuer ?
Sous l’effet des recompositions territoriales – regroupements, directions communes, et bientôt GTSMS – les postes de direction se raréfient et les fonctions de D3S sont, elles aussi, soumises à des logiques d’économie.
Dans ce contexte tendu, les collègues en poste ne savent plus où donner de la tête.
Entre l’augmentation du SMIC, celle des cotisations CNRACL et bientôt celle des mutuelles, que les budgets des établissements devront absorber, un ONDAM médico-social inscrit dans la LFSS 2026 toujours très en deçà des besoins démographiques, la mise en œuvre de la protection sociale complémentaire (PSC) une nouvelle fois reportée d’un an, et l’annonce d’un énième plan « Grand âge » pour le premier trimestre – que nous espérons ne pas être, une fois encore, un empilement d’acronymes et de dispositifs nouveaux… non financés – la pression devient insoutenable.
Soyons lucides : dans un contexte géopolitique incertain, le secteur sanitaire, social et médico-social ne figurera pas en tête des priorités budgétaires, loin derrière la Défense.
