
Dans les établissements de santé, sociaux et médico‑sociaux, les manageurs de santé sont déjà en première ligne : ils assurent la continuité des soins, organisent les équipes, absorbent les crises successives… tout en essayant aujourd’hui de réduire l’empreinte environnementale.
Directement ou indirectement, à court ou moyen terme, le changement climatique (vagues de chaleur, incendies, événements climatiques extrêmes, etc.) impacte les besoins de santé et l’offre de soins, et donc les établissements : augmentation des inégalités, hausse des épidémies, tensions sur l’énergie, dégradation des ressources, impacts sur les infrastructures et les professionnels.
À l’inverse, notre système de santé ne peut se contenter de subir et doit aussi cesser de contribuer au changement climatique. Il est paradoxal de constater que le secteur hospitalier génère environ 8 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, devenant ainsi un contributeur involontaire aux pathologies environnementales qu’il a pourtant pour mission de prévenir et de soigner. Les établissements ont une dette écologique et, de fait, un rôle à jouer dans la transition. S’ils font déjà beaucoup, souvent dans l’urgence, la marche reste haute. En conséquence, nous devons engager une transformation profonde de nos infrastructures et de nos modes de consommation pour aligner nos pratiques de soins avec les impératifs climatiques.
La planification écologique du système de santé, engagée par l’État depuis 2023, fixe pour la première fois une trajectoire nationale structurée autour de plusieurs axes : bâtiments et énergie, transports, numérique, achats, alimentation, déchets, et surtout soins écoresponsables. L’objectif est de réduire l’empreinte carbone et écologique des établissements, notamment celle des actes de soin, sans nuire à la qualité et la sécurité des soins, et en améliorant par ailleurs la prévention, la qualité de vie au travail et l’usage des deniers publics. La transition écologique doit ainsi être vue comme un levier de performance.
Pour le SMPS, la transition écologique n’est donc pas optionnelle : elle est une nécessité qui doit se construire avec celles et ceux qui organisent la vie des établissements, les manageurs de santé. Par leur position stratégique, leur rôle de coordination, leur capacité à faire dialoguer les professionnels, usagers, élus et tutelles, ils sont les pilotes naturels d’une transformation écologique, et non pas seulement des « relais de plans climat ».
Au‑delà de plaider pour un accompagnement financier important destiné à soutenir la transition écologique, le SMPS porte donc, à destination des établissements, trois priorités pour permettre aux manageurs de santé, avec leurs équipes, de piloter cette transition dans la durée.
Enfin, au‑delà des propositions, le SMPS a fait le choix d’adhérer en janvier 2026 au Shift Project*. Dans ce cadre, notre organisation syndicale sera invitée à des événements exclusifs et à des cercles de réflexion en présence d’autres parties prenantes (grandes entreprises, associations…).

