2022-2026 : le combat continue !
Faute de politique suffisamment ambitieuse à destination de concitoyens vulnérables – personnes âgées, en situation de handicap, enfants et adolescents relevant de l’aide sociale à l’enfance, grande précarité –, nos établissements et services restent au milieu du gué. Les crises s’enchaînent sans que les décideurs politiques n’arment suffisamment bien nos secteurs pour préparer les suivantes.
Dans ce contexte, la situation du corps des D3S atteint un point critique. La faible attractivité aux concours, les détachements systématiques vers des corps jugés plus intéressants sur le plan professionnel et le manque de candidatures à des chefferies, y compris celles donnant accès à l’échelon fonctionnel, témoignent d’une profonde désaffection.
Lors des instances collégiales, un tiers des postes peinent à trouver des candidats, certains étant publiés à plusieurs reprises. Dans de nombreux établissements, les directeurs font défaut pendant des mois, entraînant une multiplication des intérims et l’épuisement de ceux qui en ont la charge sur les territoires.
N’oublions pas que nous avons déjà perdu de nombreux collègues en lien avec la loi 3DS adoptée en février 2022, dont l’article 40 prévoit le détachement des D3S chefs d’établissement de la protection de l’enfance de la FPH vers la FPT. Quelle réussite au regard du nombre de D3S dans la territoriale souhaitant mettre fin à leur détachement !
Cette spirale infernale doit cesser.
Qui souhaite encore rejoindre un corps aussi peu attractif, confronté à des conditions de travail si dégradées ? Les facteurs qui alimentent cette situation sont bien connus :
- un sous-financement chronique de la politique de l’autonomie et du handicap ;
- des déficits croissants dans les Ehpad ;
- un manque criant de places dans le secteur du handicap et de la protection de l’enfance ;
- une crise des ressources humaines exacerbée post-Covid ;
- des exigences accrues en qualité et accompagnement, amplifiées par les révélations du livre de Victor Castanet, et dont les seules traductions ont été des inspections plus nombreuses, sans moyens supplémentaires pour y répondre.
Ces contraintes pèsent lourdement sur le quotidien professionnel des D3S, décourageant même les plus téméraires.
Des missions territoriales qui s’affirment, mais une reconnaissance absente.
Les D3S se retrouvent constamment « entre le marteau et l’enclume » :
- gérant des budgets atteignant plusieurs millions d’euros, certains s’approchant des budgets des centres hospitaliers de proximité ;
- encadrant des centaines d’agents ;
- exerçant des responsabilités territoriales importantes avec des sites localisés dans tout un département.
Pourtant, leur contribution est rarement reconnue à sa juste valeur. Souvent perçus comme de simples « gestionnaires », ils subissent un mépris injustifié, alors que leurs responsabilités sont équivalentes à celles des DH. La preuve en est : la réforme de la haute fonction publique, qui devait les inclure initialement, se voit appliquer uniquement au corps des DH.
Au SMPS, nous luttons pour l’égalité des rémunérations entre corps de direction à l’égard d’un corps fortement féminisé et dans lequel les femmes exercent une plénitude de responsabilités insuffisamment valorisées.
Il faut donc réformer en urgence notre statut.
Au SMPS, nous militons fermement pour une reconnaissance accrue des missions et du statut des D3S. La fusion avec le corps des DH, prônée par toutes les autres organisations syndicales, n’est qu’un miroir aux alouettes : elle risque de rendre le secteur social et médico-social encore moins attractif qu’il ne l’est aujourd’hui.
Disons-le franchement, la fusion rendrait encore moins attractives les structures sociales et médico-sociales face aux établissements de santé vers lesquels s’orienterait la majorité des candidatures, en particulier des élèves sortant de l’EHESP.
Il est urgent d’agir pour :
- réinventer le statut des D3S pour le rendre plus attractif afin d’éviter son extinction à terme ;
- revoir en profondeur les conditions d’exercice, notamment l’aspect territorial du métier ;
- réformer l’offre et la gouvernance afin d’attirer de jeunes professionnels motivés et compétents.
Le corps des D3S doit retrouver ses lettres de noblesse et redevenir un pilier attractif du service public au service des plus vulnérables. Nous avons aussi toute notre place dans la réforme de la haute fonction publique. Celle-ci ayant bénéficié aux DH, elle doit également bénéficier aux D3S qui ont tout autant de responsabilités !
Le temps n’est plus aux demi-mesures. En 2026, oser le SMPS, c’est faire le choix du réalisme et du pragmatisme pour une meilleure reconnaissance.

