Présentation du métier
Madame Chantal de Singly, ancienne directrice générale d’ARS et rapporteure d’une mission sur les cadres administratifs, faisait ainsi le portrait de la profession : « Dans ce monde invisible d’un hôpital pourtant lui-même très éclairé par les médias, les cadres administratifs que sont les attachés d’administration hospitalière (AAH) restent encore plus dans l’ombre que les cadres de santé. Sans doute l’appellation “attaché d’administration hospitalière” n’est-elle pas heureuse. »
L’analyse date de 2009 mais elle n’a pas pris une ride, à une exception près : les conséquences de cette méconnaissance représentent désormais un risque pour l’avenir de nos métiers, voire leur existence, au détriment du bon fonctionnement des établissements.
Si les termes « directeur » et « ingénieur » parlent à tous, l’intitulé « attaché d’administration hospitalière » n‘est pas systématiquement identifié pour ce qu’il est : un cadre supérieur administratif aux responsabilités et aux compétences variées.
Démographie
Nos métiers connaissent depuis près d’une décennie une crise d’attractivité sans précédent, en raison notamment d’une absence de reconnaissance de leurs responsabilités. Année après année, le fossé avec nos homologues des autres versants de la fonction publique se creuse autant que notre attractivité chute. Avec plus de 50 % d’AAH contractuels dans les établissements de la FPH et une chute libre du nombre de candidats inscrits au concours, notre statut est aujourd’hui en danger.
En effet, le statut des AAH n’a concrètement pas été revu depuis le décret de décembre 2001, ne connaissant que des évolutions à la marge ou des alignements sur les autres fonctions publiques. Face à ce peu de reconnaissance, nous perdons les jeunes recrues qui décident de faire d’autres choix professionnels. Nous nous dépossédons de notre spécificité faute de rémunérations et de perspectives de déroulement de carrière à la hauteur des responsabilités exercées. L’hôpital et les structures sociales et médico-sociales doivent attirer des professionnels compétents et formés à ces exercices spécifiques. Il devient vital que les pouvoirs publics nous entendent et engagent des négociations.
Conscient de cette situation, le SMPS défend la mise en place de mesures urgentes et à la hauteur des enjeux pour revaloriser les AAH.
Cette transformation ne saurait faire l’économie d’une réflexion plus aboutie sur l’avenir et l’attractivité du métier d’AAH. Dans ce contexte, dire que le corps des AAH « fonctionnaires » est en voie d’extinction ne relève plus de la fiction : le nombre de contractuels tend aujourd’hui à rattraper le nombre de titulaires (respectivement 2 511 et 2 575 professionnels, données SIASP Insee 2020). Les élus du SMPS ne cessent de déplorer le manque de considération de la part des pouvoirs publics à l’attention des AAH et des cadres administratifs et de leurs problématiques. Le traitement dont ils font l’objet n’est pas à la hauteur de leurs responsabilités et du niveau d’engagement qui est le leur dans les établissements.
Contexte général d’exercice
Le SMPS a toujours considéré les AAH comme les collaborateurs privilégiés des directeurs. Occuper les fonctions d’AAH est d’ailleurs souvent une première étape avant de présenter d’autres concours de la haute fonction publique, le profil étant très apprécié des jurys du fait de son expertise.
Le contexte d’exercice n’en reste pas moins difficile du fait de la transversalité des fonctions occupées, des nombreux interlocuteurs internes et externes à gérer et dont le périmètre s’est encore élargi du fait des directions communes, de la mise en place des GHT et de l’accroissement des groupements de coopération.
L’exercice isolé des AAH reste, par ailleurs, fréquent sur les petites et moyennes structures.
L’accroissement continu du nombre d’adhérents AAH au SMPS témoigne de l’engagement effectif du syndicat en faveur de ce corps. C’est pourquoi le SMPS appelle une fois encore à ce que les chantiers de révision du statut des AAH et des cadres administratifs soient enfin repris !

