Des emplois de D3S en profonde mutation
Historiquement à la tête d’établissements et de services de moins de 250 lits et places, les D3S voient aujourd’hui la frontière avec leurs collègues DH devenir de plus en plus ténue, au regard des dynamiques à l’œuvre dans le secteur sanitaire, social et médico-social.
Ces dernières années, les fusions et les directions communes se sont fortement développées : près de 15 % des D3S exerçaient en direction commune en 2021, selon le CNG. Dans le champ du handicap, il n’est désormais pas rare qu’un seul opérateur couvre l’ensemble d’un département, voire plusieurs.
La dernière actualisation de la liste des emplois réservés aux D3S (novembre 2025) illustre clairement cette évolution :
- création de deux nouveaux emplois fonctionnels dans des établissements dotés d’un budget supérieur à 50 millions d’euros, portant leur nombre total à six ;
- 248 emplois ouvrant droit à l’échelon fonctionnel de la hors classe, dont 43 % sont en direction commune.
À l’inverse, seulement 7 emplois dans des établissements réservés aux seuls directeurs de classe normale (budgets inférieurs à 2 millions d’euros).
Nous assistons ainsi à une recomposition profonde du secteur, marquée par une massification de l’offre autour d’un nombre réduit d’opérateurs… et donc de directeurs.
Si les budgets ne sont pas toujours comparables à ceux des centres hospitaliers, le niveau de responsabilité, la complexité des missions et l’exposition des D3S n’en sont pas moindres. Contrairement aux DH, ils exercent souvent sans équipe de direction étoffée ni appui conséquent en ressources spécialisées (attachés, chargés de mission, qualiticiens, etc.).
Les D3S, piliers de l’organisation territoriale
Les recompositions territoriales font désormais des D3S de véritables clés de voûte de l’organisation sanitaire, sociale et médico-sociale dans les régions.
La mise en place des groupements territoriaux sociaux et médico-sociaux (GTSMS) s’inscrit dans cette logique de regroupement et de mutualisation des fonctions supports. Le SMPS soutient ce mode d’organisation, qui permet notamment de rompre l’isolement professionnel de certains collègues. En revanche, le GTSMS ne saurait devenir un simple outil de recherche d’économies supplémentaires.
Les D3S exercent désormais des missions à forte portée territoriale dans les champs du grand âge, du handicap, de l’autonomie et de la dépendance. Ils accompagnent des bassins de population importants à travers une diversité de dispositifs (accueil de jour ou de nuit, hébergement permanent ou temporaire, accueil d’urgence, accompagnement à domicile…) et travaillent en articulation croissante avec les acteurs du territoire : centres de ressources Territoriaux (CRT), tiers-lieux, communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), etc.
Le statut des D3S doit désormais reconnaître la réalité de leurs responsabilités territoriales accrues.
Les D3S sont des hauts fonctionnaires et doivent être traités comme tels. Cela implique notamment de :
- valoriser, sur le plan indemnitaire mais aussi en matière d’avancement, les directeurs porteurs de la personnalité morale des GTSMS. Cette expérience doit être reconnue comme une véritable mobilité fonctionnelle et faciliter l’accès au grade supérieur ;
- revaloriser l’exercice en direction commune, tant pour les chefs d’établissement que pour les directeurs adjoints, qui interviennent sur des structures parfois distantes de plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres ;
- augmenter le nombre d’emplois fonctionnels, en élargissant les critères d’accès : gestion de plusieurs établissements sanitaires, sociaux et/ou médico-sociaux, prise en compte du nombre de lits et places, de données populationnelles et de budgets inférieurs au seuil actuel de 50 millions d’euros ;
- maintenir la comparabilité des corps D3S et DH, dans la perspective de la réforme de la haute fonction publique, impliquant un régime indiciaire et indemnitaire commun aux administrateurs de l’État.
Enfin, pour sortir de l’illusion permanente d’une fusion sans cesse promise mais jamais réalisée par les autres organisations syndicales, un seul choix en 2026 pour défendre réellement les D3S : voter SMPS.
Retrouvez ici l’ensemble de nos propositions.
