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Le SMPS alerte sur le décrochage des rémunérations hospitalières et ses conséquences sur l’attractivité des établissements 29 septembre 2026

Mouvement social du 29 septembre dans la fonction publique

Alors que le coût de la vie progresse à nouveau fortement, le SMPS alerte sur une situation devenue préoccupante pour les professionnels hospitaliers : les dépenses du quotidien augmentent, mais les rémunérations des hospitaliers, y compris des manageurs de santé, ne suivent plus.

Au 1er juin 2026, le SMIC a été revalorisé de 2,41 %, après une première hausse de 1,18 % en janvier. Dans le même temps, la valeur du point d’indice de la fonction publique demeure inchangée depuis juillet 2023.
Pour les hospitaliers, cette situation n’est pas théorique. Elle se traduit directement dans les feuilles de paie et dans les difficultés quotidiennes rencontrées par les professionnels.

Des carrières qui progressent… sans toujours faire progresser les salaires

Le SMPS alerte depuis plusieurs années sur l’écrasement des grilles indiciaires.

Pour les professionnels de catégories C, les premiers niveaux de rémunération se rapprochent du SMIC, obligeant régulièrement les pouvoirs publics à procéder à des revalorisations mécaniques pour maintenir les traitements au-dessus du salaire minimum.

Cette situation fragilise la reconnaissance de l’expérience et de la progression professionnelle. Elle touche également les agents de catégorie B, dont les qualifications et les responsabilités peuvent conduire à une rémunération très proche de celle des agents qu’ils encadrent.

À quoi bon construire une carrière dans l’hôpital public si l’expérience, les qualifications et les responsabilités ne se traduisent plus suffisamment dans la rémunération ? Nous voyons tous les jours les effets de cette absence de perspectives sur la motivation de nos équipes ou sur l’attrait apparent du contrat de droit public.

Pour le SMPS, l’attractivité des métiers hospitaliers ne saurait reposer uniquement sur le sens du service public ou sur l’engagement des professionnels.

Le coût des déplacements devient un enjeu d’attractivité

Cette question prend une dimension particulière dans le contexte de territorialisation de l’offre de soins. GHT, directions communes, équipes territoriales, coopérations entre établissements : les professionnels et les manageurs hospitaliers sont de plus en plus amenés à travailler sur plusieurs sites. Or, dans de nombreux territoires, la voiture demeure indispensable pour se rendre au travail ou se déplacer entre établissements. La hausse du prix des carburants pèse donc directement sur le pouvoir d’achat des professionnels ainsi que sur les établissements.

Pour le SMPS, on ne peut pas demander toujours plus de mobilité aux hospitaliers sans prendre en compte le coût de cette mobilité.

Cette réalité concerne les professionnels soignants, médicaux, administratifs, techniques et logistiques, mais également les manageurs de santé qui assument des responsabilités de plus en plus larges à l’échelle territoriale.

Le pouvoir d’achat est aussi une question d’attractivité hospitalière

La perte de pouvoir d’achat ne constitue donc pas uniquement une question salariale. Elle touche directement la capacité des établissements à recruter, fidéliser et mobiliser leurs professionnels. Elle pose également la question de l’égalité entre les territoires : lorsque le coût du logement ou des déplacements augmente, certains établissements deviennent moins attractifs malgré les efforts déployés localement par les établissements.

Ces derniers ne peuvent pas compenser seuls une politique nationale de rémunération qui ne tient plus suffisamment compte de l’évolution du coût de la vie.

Le SMPS appelle donc le Gouvernement à ouvrir rapidement un dialogue sur des mesures permettant de préserver le pouvoir d’achat et l’attractivité de la fonction publique hospitalière.

Le SMPS demande des mesures concrètes, justes et pragmatiques

Dans un esprit constructif, le SMPS demande :

  • La revalorisation de la valeur du point d’indice en 2027, accompagnée d’une compensation financière permettant aux établissements de santé et médico-sociaux d’en absorber le coût ;
  • La poursuite et la simplification des dispositifs d’aide aux professionnels fortement dépendants de leur véhicule, notamment pendant les périodes de tension sur les prix des carburants ;
  • Un soutien financier aux établissements pour développer les mobilités alternatives : bornes de recharge électrique, stationnements vélos sécurisés et autres dispositifs favorisant les mobilités décarbonées, conformément aux propositions portées par le SMPS dans le cadre de la transition écologique ;
  • Un accès encadré au télétravail pour les manageurs de santé dont les fonctions le permettent, afin de limiter les déplacements, leurs coûts pour les professionnels et leur impact environnemental.

Et pour les manageurs de santé : de nouveaux régimes indemnitaires toujours attendus

Dans ce contexte de dégradation du pouvoir d’achat, le SMPS rappelle également l’urgence de mener à leur terme les chantiers indemnitaires annoncés et régulièrement reportés.
Le SMPS demande notamment :

  • l’alignement du RIFSEEP des directeurs d’établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux ainsi que des directeurs des soins sur celui des directeurs d’hôpital sans attendre décembre 2026 : les groupes de travail peuvent commencer rapidement ;
  • la mise en place d’un nouveau régime indemnitaire pour les attachés d’administration hospitalière, les cadres et cadres supérieurs de santé et les ingénieurs hospitaliers. Là aussi les dossiers sont prêts à la DGOS et n’attendent qu’une validation politique.

Le pouvoir d’achat des hospitaliers ne peut plus être considéré comme une variable d’ajustement pour une politique de rabot budgétaire.

Préserver les rémunérations, reconnaître les qualifications et les responsabilités, accompagner les mobilités et améliorer les conditions de travail : c’est aussi investir dans l’attractivité de l’hôpital public et du secteur social et médico-social, à travers eux, dans la qualité du service rendu à la population.

À l’heure où s’ouvrent les discussions budgétaires sur le PLFSS 2027 et les débats de la campagne présidentielle, le SMPS, pleinement conscient des contraintes qui pèsent sur les finances publiques, rappelle que l’attractivité de l’hôpital public ne peut plus être pensée indépendamment de la rémunération de celles et ceux qui le font fonctionner, le transforment et assument au quotidien des responsabilités croissantes.