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Déclaration liminaire Instance collégiale DH 18/06/2026

Enfin, nous en voyons le bout ! Le SMPS ne peut que s’en réjouir : La réforme DH, longuement attendue, durement négociée, et obtenue grâce au seul vote favorable du SMPS en CSFPH, a vu le jour il y a déjà plusieurs mois grâce au décret du 27 novembre 2025. 

Ce vote déterminant témoigne de l’engagement constant du SMPS aux côtés des directeurs d’hôpital, et de notre volonté de porter des réformes ambitieuses pour la profession. Depuis la publication de ce décret, nous sommes entrés dans une deuxième phase, celle de la mise en œuvre concrète, et nous avons déjà eu l’occasion de le dire sans ambages : le SMPS regrette profondément les lenteurs qui s’accumulent et qui laissent trop nombreux de nos collègues dans une incertitude préjudiciable à leur engagement et à leur sérénité professionnelle. 

L’instance collégiale qui nous réunit aujourd’hui permet de traiter un ordre du jour de « double » pleine actualité et qui témoigne de la concrétisation certes lente mais réelle du nouveau statut : 

  • Nous examinons en effet les premiers nouveaux emplois fonctionnels d’adjoints, permis par la réforme, pour les CHU et les CH de plus de 300 millions d’euros de budget.
  • Elle intervient au lendemain de la publication de la liste des emplois de chefs fonctionnels hors CHU qui tardait à être publiée. 

Ce dispositif de nouveaux emplois fonctionnels à +1 pour les CH de l’ex groupe 1 et +2 pour les autres concrétise la réforme des emplois supérieurs, un volet central et structurant de cette réforme.

Cependant, le sujet est incomplètement traité : 

  • Le retard pris dans la diffusion de la liste n’a pas permis que cette IC traite un plus grand nombre d’emplois d’adjoints fonctionnels, hors CHU. Tout en rappelant que l’ouverture de ces postes est à la discrétion du chef d’établissement
  • Le SMPS réitère ce qui était sa proposition initiale qui consistait à ce que tous les GHT dispose d’au moins un emploi fonctionnel, pour entériner la mission qui leur est confiée et accroitre l’attractivité dans la partie la plus haute du groupe G, pour lutter contre les déserts managériaux, cette fois.

À plus de six mois de la sortie du premier décret, le déploiement du statut est encore inachevé et cela est regrettable au regard de l’investissement des directeurs sur le terrain et de leurs représentant pour faire valoir des points de vue équilibrés et opérationnels dans sa mise en œuvre.

Sur la lisibilité pour les collègues : Si nous saluons la publication, cette semaine, de la liste des emplois supérieurs tant attendue par la communauté des directeurs d’hôpital, nous le redisons avec constance : de telles lenteurs dans la mise en œuvre ne sont pas de nature à encourager les collègues à ouvrir un nouveau chapitre de leur carrière en prenant des chefferies ou des directions générales adjointes. Prendre la tête d’un établissement ou d’un GHT, c’est accepter des responsabilités considérables, souvent dans des contextes difficiles, en engageant sa propre responsabilité : encore faut-il que les conditions de reconnaissance soient au rendez-vous.

La lisibilité des parcours professionnels était pourtant l’un des objectifs phares affichés de cette réforme. À ce jour, force est de constater, avec lucidité et sans complaisance, que cet objectif n’est pas atteint. Les directeurs d’hôpital méritent mieux que des réformes incomplètes et des calendriers qui s’étirent sans fin.

Les directeurs d’hôpital ont toujours répondu présents, dans les moments de crise comme dans les périodes de transformation. Ils ont démontré, une fois encore, leur sens du service public et leur résilience, leur capacité à faire le changement et à accompagner la mise en œuvre, partout, de la politique de santé. 

Demain après-midi, une nouveau groupe de travail sur la thématique du RIFSSEEP doit être l’occasion également de concrétiser des éléments centraux de la réforme que sont la nouvelles cotation des postes d’adjoints et les conditions d’entrée en vigueur du CIA.

Sur ces 2 points, il faudra beaucoup d’accompagnement des hôpitaux et beaucoup d’écoute de la part des ARS pour avancer sereinement, pour ne pas décevoir les collègues et pour renforcer les parcours professionnels.

Sur le CIA en particulier, il est attendu que le mode de progression indemnitaire annuel demeure accroché à une appréciation individuelle, à une juste progression et à des modes d’attribution transparents et équitables.

Egalement, en toile de fond, le projet de décret sur l’évaluation des chefs d’établissement qui doit être examiné en CSFPH avec une urgence qui nous échappe : il est question d’offrir aux DG d’ARS la possibilité de s’exonérer plus encore de ce rendez vous annuel avec les managers qui incarnent courageusement les politiques publiques de santé dans les territoires. Ce sont autant de signes de découragement pour les manageurs.

La volonté du SMPS est de lutter contre cela, de soutenir les collègues et de donner à voir à l’Etat combien il a à gagner à le faire aussi, plus largement et avec constance.

Je vous remercie de votre attention.