Un film actuellement à l’affiche retrace le parcours de Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale et met en lumière sa solitude dans la recherche des voies permettant la naissance de la France Libre.
Bien sûr, les enjeux ne sont en rien comparables… Mais en ce 18 juin, il est difficile de ne pas penser à cet appel à la Résistance mondialement connu. Car la solitude que connaissent aujourd’hui les D3S mériterait, elle aussi, d’être entendue bien au-delà de notre seul corps, et notamment par la DGOS.
Alors que nous examinons aujourd’hui les candidatures à de nombreuses chefferies, un constat s’impose : à chaque instance collégiale, le nombre de candidats diminue. 5 postes ne recueillent aucune candidature, tandis que 10 autres n’en attirent qu’une ou deux. Le faible nombre de candidature est à l’image d’une réalité qui ne peut plus être ignorée.
Jusqu’à quand allons-nous laisser le corps des D3S se déliter ?
Alors que les élèves D3S de première année, la promotion Romain Jacob, se mobilisent pour alerter les administrations centrales sur la dégradation lente et continue de l’attractivité et des perspectives du corps, le SMPS ne peut que saluer leur engagement et soutenir leur démarche.
Aujourd’hui, un peu moins de 1 400 D3S sont en activité. Près de 18 % du corps est détaché dans le corps des directeurs d’hôpital — et ce chiffre a peut-être encore augmenté depuis le dernier recensement !
Posons la question sans tabou : assistons-nous à l’extinction progressive du corps des D3S ? Existe-t-il un autre corps de la fonction publique dont près de 20% des membres exercent durablement dans un corps comparable ?
Pourtant, retrouver des leviers d’attractivité n’est pas impossible.
Si la rémunération n’est pas l’unique moteur de l’engagement professionnel, elle constitue un facteur indéniable d’attractivité. Or, le décrochage avec le corps des directeurs d’hôpital n’a cessé de se creuser et en particulier depuis la réforme du 1er janvier 2026. Une réforme ambitieuse de revalorisation des D3S ne représenterait par ailleurs qu’un coût limité pour les finances publiques, tant le corps s’est réduit au fil des années : 1 400 professionnels seulement !
C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui notre propre appel.
Nous ne nous satisferons pas d’une victoire à la Pyrrhus, soit des revalorisations accordées trop tardivement lorsqu’il ne restera plus qu’une poignée de D3S dans le corps. Les élèves de la promotion Romain Jacob expriment leur colère ; nous la comprenons et la partageons !
Il est donc urgent de rouvrir les groupes de travail. Il est urgent que l’ensemble des parties prenantes prennent conscience qu’en renonçant à réformer le corps des D3S, c’est sa disparition que l’on précipite. Pourtant, les pouvoirs publics ont besoin des D3S. La DGCS a elle-même rappelé la semaine dernière les enjeux majeurs que les D3S auront à piloter dans les années à venir, au service des politiques publiques sanitaires, sociales et médico-sociales.
Le temps n’est plus aux constats, mais aux décisions.
La bataille ne fait que commencer.
