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Edition

Jeunes Manageurs de Santé N°123

La section locale du groupe hospitalier du Havre mène l’enquête 26 février 2026

Au cours du premier trimestre 2024, la section locale du Groupe Hospitalier du Havre, animée par Nadine AUBE, Nathalie GUITTON, Frédérique SOUFFLET et  Stéphane VALINDUCQ, a conduit une enquête destinée à recueillir l’avis des cadres de santé et faisant fonction sur l’organisation des gardes et astreintes dans l’établissement.

78 questionnaires ont été diffusés auprès des services de médecine, chirurgie, obstétrique, pédiatrie, gériatrie, psychiatrie, médico-technique et de rééducation.

Les gardes et astreintes se définissent comme suit au Groupe Hospitalier du Havre : 

En médecine chirurgie-obstétrique (MCO) et pédiatrie

  • De 6h à 8h30 astreinte à domicile ;
  • De 8h30 à 13h garde sur place ;
  • De 13h à 20h astreinte à domicile. 

En psychiatrie 

  • En semaine (du lundi au jeudi) de 18h à 8h ;
  • Le week end du vendredi 18h au lundi 8h. 

L’enquête a connu un taux de participation élevé.

La démarche a rencontré un large écho : près de 80 % des cadres sollicités ont répondu (61 retours sur 78 questionnaires diffusés nominativement). La majorité d’entre eux participe actuellement au roulement des gardes et astreintes. Parmi les répondants :

  • 93 % déclarent assurer des gardes et astreintes ;
  • 60 % en réalisent entre 0 et 3 ;
  • 39 % entre 3 et 10 ;
  • 21 % plus de 10.

Les cadres qui ne participent pas au roulement évoquent plusieurs motifs : des raisons médicales, des choix personnels ou bien l’organisation propre à leur pôle.

L’appropriation des missions est connue mais des besoins de clarification demeurent

90 % des interrogés estiment bien connaître leurs responsabilités mais près de 60 % considèrent que les missions ne sont pas suffisamment explicitées ou adaptées aux réalités de terrain.

Les observations recueillies pointent notamment l’absence d’actualisation du classeur de garde, un déficit d’informations sur les effectifs cibles par service ou l’absence de fiche de poste dédiée au cadre d’astreinte.

Au niveau des déplacements réalisés dans le cadre de l’astreinte :

  • 52 % des cadres déclarent se déplacer “rarement” lors de leurs astreintes ;
  • 10 % se déplacent “souvent”.

Les principaux motifs de retour sur site concernent la gestion des ressources humaines (29 %) et la régulation des flux patients et des lits (27 %).

Par ailleurs, concernant le temps de présence sur site (au-delà de la durée légale de 13h pour les services MCO) :

  • 46 % indiquent le dépasser systématiquement,
  • 48 % le dépassent occasionnellement.

La fonction de directeur de garde encore insuffisamment connue des cadres

L’enquête met également en lumière une méconnaissance des missions du directeur de garde. 55 % des cadres interrogés déclarent mal les identifier. Néanmoins, 53 % estiment être accompagnés par le directeur de garde lors de leur astreinte.

Certains verbatims relèvent toutefois un manque d’harmonisation dans les pratiques entre directeurs de garde ainsi qu’une connaissance parfois limitée de leur part de l’organisation des services.

Un ressenti largement marqué par le sentiment de stress et d’isolement

Le ressenti exprimé à propos des gardes et astreintes est préoccupant :

  • 48 % des cadres associent ces temps à du stress ; 
  • 26 % à un niveau élevé de stress ;
  • 61 % évoquent un sentiment d’isolement.

Si la possibilité leur était donnée, 70 % des répondants feraient le choix de ne plus assurer de gardes ou d’astreintes. Les services les plus concernés par ces “envies” de départ sont :

  • La psychiatrie (80 %),
  • La médecine, la chirurgie, la gériatrie (70 %),
  • La pédiatrie-obstétrique (43 %).

Les principales raisons évoquées sont le stress, le rythme, les tensions récurrentes aux urgences, la gestion des lits et une rémunération jugée insuffisante.

Des perspectives de travail identifiées par la section locale du Havre

74 % des répondants souhaitent la création d’un groupe de travail sur la question. Ainsi, et à l’issue de l’enquête, plusieurs pistes d’amélioration ont été dégagées :

  • La mise en place de retours d’expérience (RETEX) sur le déroulement des gardes,
  • L’élaboration (et la diffusion) de maquettes organisationnelles spécifiques à chaque service, partagées avec les équipes médicales et paramédicales,
  • La clarification des missions du directeur de garde qui seraient portées à la connaissance des cadres,
  • La production de supports opérationnels : critères d’éviction des gardes, procédures de remplacement en cas d’absence, documents de référence actualisés, formation des nouveaux arrivants.

 

Par Stéphane VALINDUCQ, secrétaire de section locale SMPS au Groupe Hospitalier du Havre,
et Alexandre GRIS, délégué national du SMPS