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Déclaration liminaire de l’Instance collégiale du 26 mai 2026

A l’occasion de notre instance collégiale, le SMPS se doit de commencer son propos par une interrogation partagée par les tous les directeurs d’hôpital :

Qu’est donc devenue la réforme de leur statut ?

Après de nombreux groupes de travail très denses avec les services de la DGOS et le CNG, il n’y a subitement plus aucune trace des conditions de mise en œuvre de 2 éléments basiques de la réforme du statut des DH :

  • La non-publication des arrêtés de reclassement des directeurs sur emplois fonctionnels, affecte en cela leur situation de bientôt 6 mois de retard de versement sur l’IFSE qui leur est due !
  • La non-parution de la liste de reclassement des emplois est incompréhensible : c’est la cause du non reclassement final.

C’est la parution intercalaire des nouveaux emplois fonctionnels en CHU qui jette le trouble, car nécessairement fondée sur cette liste ; et au détriment des CH de plus de 300 millions d’euros (d’autant plus que la liste se fonde sur les budgets  2023, et non 2024, sont connus et consolidés depuis longtemps).

Il y a là des signes d’impréparation manifestes, très mal compris par les collègues.

Au surplus, les décisions de reclassement intermédiaire sur ces mêmes emplois sont prises de manière totalement hétérogènes dans les régions, au gré des décisions des ARS.

Il y a là des signes de dispersion inégalitaire, très mal compris par les collègues.

Les directeurs restent conscients des mouvements à la tête des services du ministères. Le SMPS a eu l’occasion d’accueillir Hugo Gilardi, nouveau DGOS sur son stand de Santexpo et lui exprimer les attentes des directeurs. Il salue son arrivée et espère y trouver l’aboutissement de cette attente.

Mais cela ne peut pas expliquer l’interruption d’un processus qui était pourtant bien lancé, pour lequel le SMPS a pris sa part d’engagement pédagogique et de construction comme il sait le faire, et qui avait abouti assez rapidement également à la production de l’instruction “bascule”.

Nous n’expliquons pas non plus l’interruption d’échanges autour de l’autre partie la plus innovante du statut, à savoir la mise en place du CIA en lieu et place de la part résultats.

Dans 1 mois et 5 jours, au 1er juillet, doit normalement commencer la période d’évaluation des directeurs.

Cette campagne d’évaluations est cruciale : tant dans le cadre des avancées de carrières que pour la qualification aux emplois supérieurs et leur renouvellement, et ce dans un contexte de tensions extrêmes sur les ressources et l’offre de soins. 

En effet, les mois passent, les gouvernements se succèdent, mais la pression demeure sur les collègues, qui portent seuls la responsabilité des territoires, de la continuité des soins, du juste emploi des ressources.

Cela se traduit concrètement par une pression de plus en plus forte sur leurs épaules.

Nous avons sur cette intense collégiale à nouveau plusieurs collègues arrivés au bout de ses 10 ans d’EF et dont le poste a été mis à la vacance.

Nous avons aussi des collègues à qui on annonce qu’ils ne seront pas renouvelés pour la totalité du mandat, comme cela est malheureusement rendu possible par la loi TFP pour les nominations postérieures à septembre 2020. La loi ne prévoit en revanche pas une annonce aux intéressés par simple mail comme cela a été le cas pour certains collègues, comme chez Amazon…

Ceci n’est pas à la hauteur des efforts faits sur le terrain, quelle que soit la fiabilité des décisions prises ou des situations à corriger.

Il n’y a pas de signe de gestion soutenante du corps des DH, notamment dans ces situations extrêmes auxquelles certains collègues sont exposés et le SMPS ne l’accepte pas.

Le SMPS demande donc solennellement la publication immédiate des listes des emplois fonctionnels, l’aboutissement des reclassements individuels en découlant et la reprise immédiate des échanges pour achever la 2ème instruction et la mise en œuvre la cotation des postes et du CIA.

Et les établissements, comment vont-ils ?

A la veille de dépôt concret de comptes financiers exsangues, il est difficile de se projeter dans ce contexte source d’incertitude.

  • Incertitude politique, à un an de l’élection présidentielle, il faut pourtant garder le cap de l’action sur le terrain notamment pour faire évoluer l’offre de soins.
  • Incertitude territoriale, avec un temps 2 des GHT plus que flou et malgré des incitations fortes à la multiplication des directions communes telles que nous les connaissons, sans accentuation de la mise en commun médicale, sans direction commune médicale pourrait on dire, faisant là aussi peser la réussite sur la seule tête du/de la chef cheffe d’établissement.
  • Incertitude financière malgré 6 milliards, sans doute déjà consommés avant même que d’être annoncés
  • Incertitude de fonctionnement avec encore beaucoup de tensions sur les ressources humaines médicales avec si peu de candidats sur les postes de PH et peut-être une énième réforme du statut des PADHUE

A qui d’autre qu’eux va-t-on demander à nouveau de garder le mouton à 5 pattes ?

Soutenons les Directeurs d’hôpital et leurs équipes, il est encore temps de leur faire confiance !

Le SMPS sait que c’est la seule solution pour que toutes les communautés hospitalières gardent un peu confiance en l’avenir et restent au rendez-vous des besoins des patients et de leurs territoires.