Le SMPS défend qu’elle soit pleinement traduite dans les règles.
Derrière ce constat, il y a des journées qui se ressemblent. Un attaché qui coordonne seul plusieurs secteurs administratifs dans un établissement de taille moyenne, suit les contentieux, prépare les instances, gère les ressources humaines d’un périmètre élargi, assure la permanence administrative. Un autre qui pilote depuis l’établissement support d’un GHT des fonctions RH réparties sur plusieurs sites, avec des équipes qui ne se connaissent pas toujours bien, des pratiques locales qui diffèrent, des interlocuteurs qui ont chacun leurs habitudes. Dans les petites et moyennes structures surtout, l’isolement est une réalité quotidienne, peu visible de l’extérieur mais bien présente dans ce que les collègues décrivent lorsqu’on leur pose la question. Le métier s’est densifié, il s’est territorialisé, et dans beaucoup de situations il s’est davantage exposé, parce que les AAH absorbent une partie des tensions de fonctionnement.
Cela devrait s’accompagner d’une reconnaissance à la hauteur. La réalité est plus nuancée. La NBI est censée distinguer les fonctions comportant une responsabilité managériale ou une technicité particulière. Elle reste pourtant peu attribuée. En effet, beaucoup d’AAH encadrent des équipes, parfois volumineuses, et n’en bénéficient pas systématiquement. Beaucoup d’AAH encadrent des équipes, conduisent seuls des secteurs entiers, portent des projets transversaux dans des champs qui n’ont rien de moins exigeants, sans bénéficier de cette bonification. L’IFTS a progressé en 2023, et c’est une avancée que le SMPS a activement portée. Elle ne suffit pas à elle seule, et son application reste trop variable. Deux collègues exerçant des missions comparables dans des établissements différents peuvent percevoir des montants très éloignés, sans que cet écart reflète quoi que ce soit de leur engagement. Le RIFSEEP, qui organise le régime indemnitaire des attachés de l’État et de la territoriale depuis plusieurs années, n’a toujours pas été transposé pour les AAH. Le décalage est connu, documenté, difficile à défendre. Il n’a pas encore été corrigé.
Les signaux envoyés à ceux qui pourraient rejoindre le corps sont révélateurs. Depuis 2012, les indemnités des élèves attachés en formation n’ont pas bougé alors que celle des élèves directeurs (EDH et ED3S) ont été revalorisées significativement. La comparaison parle d’elle-même. Non pas seulement parce que les montants diffèrent, mais parce que quelqu’un qui hésite entre ces deux corps reçoit, avant même d’avoir passé le concours, un signal sur la place que chacun lui réserve. Entre 2015 et 2023, les inscriptions au concours ont reculé de 72 %. En 2022, 21 élèves étaient en formation pour 120 places ouvertes. Aujourd’hui, plus de la moitié des AAH en exercice dans les établissements sont contractuels. Un corps pour lequel les conditions d’entrée sont insuffisamment soutenues perd progressivement sa capacité à recruter les profils dont les établissements ont besoin.
Les carrières, enfin, se heurtent à des règles d’évolution dont les effets cumulés n’ont vraisemblablement jamais été examinés ensemble. Le taux de promotion au principalat vient d’être porté à 8 % par l’arrêté du 17 avril 2026. Dans un corps où plus de la moitié des effectifs sont contractuels, le vivier des promouvables est considérablement plus étroit que l’effectif global ne le laisse penser. Dans beaucoup d’établissements, une ou deux promotions épuisent le quota de l’année. Les collègues suivants attendent leur tour souvent plusieurs années, pendant que leurs responsabilités n’ont, elles, pas attendu pour augmenter. Ils ont absorbé un départ non remplacé, pris en charge un site supplémentaire, accompagné une nouvelle réorganisation. La réponse reste la même : il faudra patienter.
La hors classe est à son tour conditionnée à des seuils budgétaires fixés à 70 millions d’euros pour un EPS et à 9 millions pour un ESMS. Un attaché qui assure seul la coordination de plusieurs fonctions administratives dans un établissement de taille intermédiaire, encadre une équipe, assure la permanence, peut se voir fermer ce grade. Non parce que ses responsabilités seraient légères, mais parce que le budget de son établissement se situe en dessous du seuil. Il est difficile à expliquer aux collègues concernés.
Cette situation a des conséquences que le SMPS observe depuis plusieurs années. Des titulaires qui demandent une disponibilité, d’autres qui quittent le statut. Ils trouvent sous contrat ce que le corps ne leur offrait plus dans des délais raisonnables, un périmètre de poste négocié, une rémunération discutée. Ces départs ne sont pas anecdotiques. Ils disent quelque chose sur ce que le cadre actuel offre à des collègues qui avaient pourtant fait le choix du statut.
Le SMPS a porté, continue et continuera de porter des demandes sur chacun de ces points, détaillées au fil de cette séquence et dans son programme. Certaines avancées ont été obtenues, la revalorisation de l’IFTS en 2023, la réforme du concours en 2024. Ces résultats comptent, mais ils ne clôturent pas le dossier.
Ce que le SMPS défend pour les quatre prochaines années, c’est que le corps des AAH soit traité avec la cohérence qu’il mérite. Que les règles qui l’organisent reflètent ce que les établissements lui demandent déjà.
Le 10 décembre, les AAH voteront pour désigner les représentants qui siégeront dans les instances où ces règles se négocient. Le SMPS y sera, avec les mêmes positions, portées par des élus qui exercent ces métiers au quotidien.
