Les dirigeants hospitaliers contraints de mettre en œuvre des mesures de restriction de l’emploi
Un ONDAM indigent, des déficits organisés
Alors que l’inflation se situe en 2008 à un niveau proche de 3 %, il est concrètement impossible de couvrir les charges de l’hôpital avec un ONDAM en valeur de 3,14 %.
A titre d’exemple, les établissements vont devoir affronter cette année une évolution de plus de 5 % des dépenses logistiques et hôtelières propulsées par le renchérissement des denrées et du prix de l’énergie.
Ce qui était ambitieux au moment où le Parlement a adopté cette enveloppe, est tout simplement devenu impossible aujourd’hui.
Cette situation va accroître en 2008 les déficits déjà records constatés en 2007.
Le nouveau contexte économique créé par la reprise de l’inflation impliquerait pourtant logiquement une révision de l’ONDAM.
Un système de financement imprévisible
L’instabilité des tarifs - dont la baisse de 3,7 % au 1er janvier 2008 est la dernière illustration - donne le sentiment que l’équilibre budgétaire dépend plus de "jeux d’écriture" que de la bonne gestion d’un établissement.
Pour un directeur d’hôpital, il est concrètement impossible de dire au 1er janvier ou même au premier trimestre de l’année si l’établissement dont il a la charge est à l’équilibre, tant les facteurs externes de cet équilibre sont importants.
Pour un conseil d’administration, il est aujourd’hui impossible de définir une politique d’investissements pluri annuelle, tant chaque exercice budgétaire réserve son lot de surprises.
Les anticipations, au cœur d’une politique de bonne gestion, sont devenues impossibles.
Une T2A inaboutie
Le snch a demandé depuis des mois aux pouvoirs publics de modifier le modèle T2A.
En effet, la situation financière des établissements ne dépend que partiellement de l’efficience de leur gestion.
Les effets de structure majeurs ne sont pas pris en compte.
Les établissements dont le bassin de santé se contracte pour des raisons démographiques sont bien en peine de faire progresser leur activité.
« Dis-moi quel est ton bassin de santé, je te dirais dans quelle situation est ton hôpital ».
Les établissements qui appartiennent à des régions confrontées à une pénurie médicale vivent d’expédients.
« Dis-moi le nombre de kilomètres qui te séparent d’une ville universitaire, je te dirais si tu as des médecins ».
Une course à l’activité plus que discutable.
Il est juste que le mode d’activité permette enfin en 2008 d’accompagner le développement de l’activité à l’hôpital public. Il y a là un motif incontestable de satisfaction permettant de lutter à armes égales avec le secteur commercial.
En revanche, il n’est pas normal que le niveau des tarifs impose d’accroître en permanence l’activité pour réaliser la seule reconduction des moyens de l’année précédente.
Cette logique heurte de plein fouet la recherche du juste soin.
Les directeurs faces aux injonctions contradictoires
Au total, la principale marge de manœuvre disponible est celle de l’emploi.
Or les pouvoirs publics refusent de l’avouer et désavouent trop fréquemment les chefs d’établissement confrontés aux conflits sociaux qui naissent des réductions d’effectifs.
Le snch demande au Gouvernement d’assumer ses choix : soit un ONDAM compatible avec le maintien de l’emploi, comme le demande le snch, soit un soutien clair des restructurations et des plans de retour à l’équilibre.
Le snch demande au gouvernement un soutien sans faille des directeurs
Personne chargée du dossier
Philippe El Saïr
Tél. 01 42 34 81 01
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