Un malaise latent
En cette semaine de l’encadrement, voici l’envers du décor et la réalité vécue par les cadres administratifs dans les hôpitaux et les établissements médico-sociaux.
Attachés d’administration hospitalière (AAH) : une gestion du corps à bout de souffle
Le statut paru il y a neuf ans devait permettre une gestion ambitieuse du corps des attachés : haut niveau de recrutement grâce à un concours national ouvert à l’externe, formation exigeante dans le cadre de l’EHESP, attractivité des carrières.
Aujourd’hui, c’est un échec patent : les trois quarts des recrutements se font par nomination sur liste d’aptitude, hors concours, ou par contrat, donc sur un mode précaire. Les lauréats du concours sont devenus une petite minorité. Le renouvellement générationnel n’a pas eu lieu, une très grande partie des recrutés échappe à la formation de l’EHESP. L’inadéquation entre le mode de nomination et les besoins des établissements place les stagiaires en difficulté.
L’échec des négociations, sur les catégories A, a figé la grille des rémunérations pour longtemps, le régime indemnitaire n’a pas été revalorisé depuis… 2001. La PFR (prime de fonction et de résultats) sera appliquée aux AAH au mieux en 2013, plus sûrement en 2014… L’accès au principalat concerne une minorité et ne se fait qu’à l’ancienneté. Le mode d’évaluation est archaïque, les attachés sont toujours notés alors qu’on leur demande de travailler sur une logique d’objectifs et de contractualisation. Aucun outil ne permet de récompenser leurs efforts et leur implication. Beaucoup de jeunes titulaires partent vers la Fonction Publique Territoriale, plus valorisante grâce à un régime indemnitaire sans commune mesure avec celui que nous connaissons.
Le snch demande la mise en place rapide de la réforme de la scolarité et du mode de nomination des AAH, une revalorisation immédiate de leur régime indemnitaire par la mise en place de la PFR, une gestion maîtrisée des nominations sur liste d’aptitude, un concours spécifique pour permettre l’intégration des contractuels, une gestion nationale du corps dans le cadre du CNG.
Adjoints des cadres : éternels perdants ?
Le protocole du 2 février 2010, devait marquer une évolution significative pour les adjoints des cadres (ACH), mais sa mise en œuvre est lente, des doutes persistent sur les dates d’application annoncées. Pourtant les ACH en ont besoin : pas de revalorisation statutaire depuis 20 ans, un décalage de plus en plus marqué entre les compétences, les métiers d’encadrement exercés et leur reconnaissance, dans un contexte exigeant avec le déploiement de la Loi HPST, des perspectives d’évolution de carrière bouchées avec la crise du concours des attachés, une absence quasi-systématique de formation d’adaptation à l’emploi, la raréfaction des concours et le recrutement massif de contractuels.
Le snch demande une application rapide du protocole du 2 février 2010 pour les adjoints des cadres, des possibilités réelles d’avancement avec un nombre de postes suffisant au concours interne des AAH, une formation d’adaptation à l’emploi réelle et opposable, une réforme de leur régime indemnitaire avec une mise en place rapide de la PFR
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Paris, le 22 septembre 2010