La population a besoin de décisions courageuses.
Le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes, l'Inter Syndicat National des Internes des Hôpitaux et l'Inter Syndicat National des Chefs de Cliniques Assistants ont déposé un préavis de grève à compter du jeudi 27 septembre 2007 pour les gardes et les astreintes et la continuité de service des internes, chefs de cliniques, assistants et attachés afin de manifester leur refus d'une remise en cause de la liberté d'installation.
Ce mouvement fait suite aux déclarations du Président de la République le 18 septembre : « Par exemple, en ce qui concerne les soins de ville, je souhaite en appeler à la responsabilité individuelle de manière beaucoup plus forte. Les libertés d'installation, de prescription et de choix pour les patients de leur médecin, auxquelles nous tenons profondément, ne sont compatibles avec le caractère collectif de l'assurance maladie que si les acteurs du système de santé font preuve de responsabilité. Pardon de le dire, mais si on ne pose pas les questions en ces termes, c'est l'ensemble de notre système qui implose. (…) Il n'est pas normal que les urgences hospitalières soient encombrées pour pallier l'insuffisance des permanences en médecine de ville. Il n'est pas normal, à la fois pour des raisons d'équité et d'efficacité, que la répartition des médecins sur le territoire soit aussi inégale. (…) Quand j'emploie le mot "responsabilité", que personne ne doute de ma détermination. »
Pour le snch, il n’y aura pas de politique de santé en France sans une meilleure répartition des professionnels sur le territoire.
Chacun s’accorde aujourd’hui à constater une répartition très inégale des professionnels de santé sur le territoire. Cette situation met gravement en cause l’égalité d’accès aux soins et désorganise profondément l’hôpital public en étendant en permanence ses missions.
Face à cette situation, trois constats peuvent être dressés :
• le relèvement du numerus clausus est une bonne chose mais ne sera pas suffisant. Le problème tient autant à la répartition des professionnels de santé qu’à leur nombre.
• les mesures incitatives ne seront pas suffisantes pour résoudre le problème puisque les professionnels installés dans les zones désertées ont déjà des revenus très supérieurs à leurs confrères installés dans des territoires privilégiés.
• les départs en retraite qui vont intervenir dans les cinq prochaines années vont aggraver, si rien n’est fait, la situation en créant des situations catastrophiques.
Pour le snch, il est essentiel de préserver l’accès aux soins en mettant des médecins là où il y a des malades. Les infarctus ne peuvent être au nord pendant que les cardiologues sont au sud. Il n’est plus possible de laisser s’installer des déserts médicaux et les inégalités d’accès aux soins se creuser.
En outre, les professionnels libéraux ne peuvent bénéficier d’un financement public de la santé sans accepter en retour des contraintes d’intérêt général.
Pour prévenir les déserts sanitaires, les mesures incitatives ne seront pas à elles seules suffisantes.
Pour le snch, plusieurs mesures doivent être combinées :
• la modulation par région des actes en fonction de la densité médicale. Cela implique la possibilité de passer des conventions médicales par région, sous l’égide des futures Agences Régionales de santé ;
• la possibilité ne plus conventionner dans certaines régions ou sur certains territoires les nouvelles installations dans certaines disciplines ;
• une obligation d’exercer de plusieurs années dans la région où l’on a été formé.
Pour le snch, on ne peut plus refuser de regarder cette réalité en face.
La population ne peut pas être l’otage d’intérêts corporatistes.
Personne responsable du dossier
Philippe EL SAÏR
Tél : 01 42 34 81 01
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