23/06/11 - Enquête sur les conditions d'exercice des manageurs de santé

Le pavé dans la mare

Lors de son Congrès de Strasbourg, le smps a dévoilé les résultats de son enquête sur les conditions d'exercice des directeurs et des cadres de la fonction publique hospitalière. Les données recueillies placent le ministère devant ses responsabilités.
 
Des données fiables, des enseignements irréfutables
 
L'enquête menée en avril et mai visait à réaliser une radiographie à 360° des conditions d'exercice des manageurs de santé.
 
Le questionnaire, construit par des spécialistes de la psychologie des organisations abordait tous les volets des conditions d'exercice, notamment les relations avec la hiérarchie, les pairs et les collaborateurs. Il était relativement long à remplir (environ 30 minutes) compte tenu de son exhaustivité.
 
Les réponses étaient anonymes et volontaires. Les personnes concernées, adhérents et non adhérents du smps, ont reçu un login et un mot de passe et ont eu accès au questionnaire via une plate forme Internet. Le dépouillement a été réalisé par les concepteurs du questionnaire, que le smps avait mandatés.
 
Avec près de 900 réponses et environ 10 % des membres de chaque corps de direction qui ont répondu, les chiffres sont significatifs. On constate une réelle homogénéité des réponses entre les différents corps de manageurs, si ce n'est un mal-être encore plus fort chez les cadres de santé.
 
Des professionnels dévoués et responsables
 
Les manageurs de santé ne se plaignent pas d'une dégradation de leurs conditions d'exercice. Ils ont une vision plutôt positive de leur métier.
 
Parmi les éléments positifs, ils apprécient leurs relations avec leurs collaborateurs et le corps médical. Ils sont fiers de faire un métier utile et d'être reconnus dans leur établissement. Ils sont satisfait de leur cadre de travail et se sentent globalement protégés des discriminations.

Si les difficultés de financement des établissements de santé sont vues négativement, elles ne constituent pas une cause majeure de mécontentement. Elles sont plutôt intégrées comme une des contraintes du métier.
 
Les manageurs de santé ne sont donc pas dans la plainte. Ils sont fiers de leurs professions et en assument les contraintes.
 
Ce sens des responsabilités et cette pondération rendent d'autant plus significatifs les sujets de problème.
 
Un divorce sans précédent avec le ministère de la santé
 
Seuls 4% des manageurs de santé considèrent que leur administration de tutelle soutient leur profession. Ils sont plus de 86 % à penser qu'elle ne le fait jamais ou rarement. Ce manque de soutient est vécu comme la principale source d'insatisfaction professionnelle.
 
Le ministère de la Santé paie le prix des promesses non tenues, des mesures vexatoires, du discours inaudible, qu'il pratique depuis plus d'un an.

Il n'y a jamais eu un tel divorce entre des fonctionnaires et leur ministère. Celui-ci a réussi à décourager toutes les bonnes volontés. Il doit impérativement changer d'attitude s'il veut retrouver de la crédibilité auprès des hospitaliers, donc de l'efficacité.
 
Une politique de santé incompréhensible

Les injonctions contradictoires sont vécues comme l'autre grande source d'insatisfaction. La relative acceptation des contraintes financières montre que ce n'est pas l'exigence de productivité qui est ainsi stigmatisée.
 
Ce que les manageurs de santé reprochent à leur administration c'est de multiplier les priorités sans jamais les hiérarchiser. C'est de proclamer une chose et d'exiger son contraire. C'est de procéder par foucade plutôt que de définir d' orientations claires et pérennes.
 
La perte de sens est un sujet de préoccupation. Les manageurs de santé veulent des objectifs de prise en charge qui composent avec les réalités financières. Leur ministère leur parle de plus en plus d'argent et de moins en moins de soins.
 
Un niveau de stress particulièrement inquiétant
 
L'enquête débutait par un questionnaire de dépistage du stress reconnu depuis des années. En fonction des réponses le niveau de stress est coté sur une échelle allant de 0 à 50.
 
Les trois quarts des manageurs de santé ont dépassé le seuil de 28, ce qui est un seuil considéré comme inquiétant, voire pathogène selon certains spécialistes. Il est extrêmement rare que plus d'un tiers d'une population testée dépasse ce seuil.
 
Heureusement, cette tension professionnelle extrême ne semble pas avoir eu, jusqu'à présent, d'incidence particulière sur la santé des cadres et des directeurs. Dans la suite de l'enquête des questions étaient posées sur l'impact du travail sur la santé. Les réponses ne différaient pas de celles d'autres groupes de manageurs.
 
Ce résultat n'en demeure pas moins préoccupant.
 
Le ministère doit prendre ses responsabilités

Selon la loi, un employeur est responsable de la santé physique et psychique de ses employés. Le ministre ne peut s'en exonérer, a fortiori quand il cumule le portefeuille du travail avec celui de la santé.
 
Le smps demande que soit diligentée une étude approfondie sur le niveau de stress des manageurs de santé. Le ministère en a les moyens, il en a le devoir.
 
Si demain des drames survenaient, il ne serait plus possible de dire '' je ne savais pas''.

Le smps défend les manageurs de santé

 

En charge du dossier :

Délégation nationale

Tél : 01 40 27 52 21

 

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Paris, le 23 juin 2011

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