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Importance du
dialogue, consolidation des réformes et arbitrage
des dysfonctionnements : Roselyne Bachelot pose
peu à peu les jalons de son action au ministère de
la Santé concernant l'hôpital public. N'ayant pu
se rendre hier au 61e congrès du Syndicat national
des cadres hospitaliers (SNCH), qui se déroule
jusqu'à ce soir à Lyon, elle avait confié à Annie
Podeur la mission de porter son message aux
participants. La voie suivie sera celle tracée par
Nicolas Sarkozy la semaine dernière dans le Nord,
lors de son déplacement à Dunkerque, a déclaré la
directrice de la DHOS. Il y est question de
réflexion à mener sur les missions de l'hôpital et
de nouvelle répartition des établissements de
santé, afin de répondre au mieux aux besoins des
populations et des territoires. Roselyne Bachelot
confirme par ailleurs qu'elle sera la
"ministre de la qualité des soins" et de
la recherche de l'efficience. La modernisation de
l'offre de soins se fera suivant le triptyque
"excellence, sécurité, humanité",
ajoute-t-elle.
Des craintes clairement
identifiées
Face aux adhérents du
SNCH, les propos de la ministre se sont voulus
rassurants. "Les craintes exprimées ont été
entendues et comprises", affirme-t-elle.
Ces craintes ont été clairement identifiées
par Philippe El Saïr, président du SNCH. Il s'agit
notamment de "remettre debout la permanence
des soins" en acceptant que chaque acteur
tienne son rôle. Soulignant sur ce sujet un
discours présidentiel "novateur et
encourageant", Philippe El Saïr estime que
des solutions "concrètes et acceptables"
restent à trouver. Un plan de sauvetage de la
chirurgie publique doit ensuite être mis en place.
"L'hôpital doit reconquérir des parts de
marché" dans ce domaine, estime le président
du SNCH, qui ne se montre pas opposé à une
concentration des moyens. Mais là encore, une
réflexion doit être menée, en termes de qualité,
de territoire de santé et d'outils
d'accompagnement. Des inquiétudes persistent par
ailleurs quant au phénomène de mise en cause de la
responsabilité personnelle, au pénal, des
directeurs d'établissement, comme cela a été le
cas à Villeneuve Saint Georges, Meaux ou Esquirol.
Sur ce point, Annie Podeur a assuré que le
ministère accorderait une protection juridique
chaque fois que cela s'avère nécessaire. Sur le
problème des DES et DESS, enfin, le SNCH estime
"urgent" de parvenir à un nouveau
statut.
Une gestion "moderne" des
cadres
Derrière ces quelques
points se dessine une autre attente importante du
SNCH. Le syndicat aimerait en effet voir la
fonction managériale des cadres mise en avant. Si
les réformes voulues par le ministère sont
ambitieuses, "l'ambition passe par les
cadres", insiste Philippe El Saïr, qui
réclame la mise en place d'une gestion moderne de
ce corps. Celle-ci passe notamment par le
remplacement de la notation par l'évaluation, par
la mise en place d'une part variable "forte et
ambitieuse" et par le règlement du problème
des comptes épargne temps. Elle passe également
par la mise en place, à l'EHESP, d'un institut du
management, "relais à l'école de la réforme de
l'hôpital". A défaut d'annonce - période
électorale oblige - il faudra sans nul doute
attendre l'été pour obtenir, sur ces dossiers, des
éléments de réponse précis.
Nicolas
Crestel |