| SUJET : HOPITAL
CLINIQUE CHIRURGIE SNCH CONGRES |
| TITRE : La question des
rémunérations des praticiens hospitaliers au centre d'un
débat sur la crise de la chirurgie publique |
(De l'envoyée spéciale d'APM,
Sabine NEULAT-ISARD)
LYON, 8 juin 2007 (APM) - La
question de la rémunération des chirurgiens des hôpitaux
publics a été au centre d'un débat sur la crise que
traverse cette spécialité, jeudi après-midi lors du
61ème congrès du Syndicat national des cadres
hospitaliers (SNCH) qui se tient jusqu'à vendredi soir à
Lyon.
Tous les intervenants invités par le SNCH
ont convenu que la chirurgie publique était en
"crise".
Celle-ci est liée, d'une part, à la
répartition des parts de marché entre le public et le
privé, le second réalisant la majorité de la chirurgie
classique programmée, et, d'autre part, à une évolution
démographique qui se montre "assez inquiétante", a
indiqué le Pr Thierry Philip, directeur général du
centre Léon Bérard à Lyon et vice-président du Conseil
régional de Rhône-Alpes.
Une étude réalisée par
la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs
salariés (CNAMTS) montre que la chirurgie classique
programmée représente 80% de l'ensemble des actes
chirurgicaux, a indiqué Gilles Bontemps, chargé de
mission auprès de la direction des négociations à la
caisse.
Une étude plus précise sur les 18 gestes
marqueurs les plus représentatifs quantitativement et
qualitativement fait apparaître que le secteur privé
lucratif réalise plus de 80% de ces actes dans la moitié
des régions françaises. En fait, le secteur public ou
privé non lucratif reste prédominant dans une seule
région qui est l'Alsace.
Une grande partie de ces
gestes sont réalisés en ambulatoire, secteur où là aussi
les cliniques occupent une place plus importante que le
public, a indiqué Gilles Bontemps.
Face à ces
constats, plusieurs intervenants, comme Thierry Philip,
le Pr Jean-Louis Touraine, premier adjoint au maire de
Lyon et PU-PH aux Hospices civils de Lyon (HCL), ou le
Dr François Aubart, vice-président du Conseil national
de la chirurgie (CNC), ont estimé que les hôpitaux
devaient "rebondir".
La "question numéro un est
celle des différences de salaires entre le public et le
privé", a estimé le Pr Philip.
Le Pr Touraine a
souhaité une "analyse minutieuse de l'évolution des
salaires", tandis que le Dr Aubart a appelé à une
rémunération "commune" entre les chirurgiens du public
et ceux du privé, ne serait-ce que pour permettre de
continuer à attirer de jeunes chirurgiens à l'hôpital
public.
Un point de vue approuvé par le Dr
Jacques Caton, président du Syndicat national des
chirurgiens orthopédistes et membre du Conseil national
de la chirurgie, pour qui un jeune chirurgien qui est à
Bac+14 ou à Bac+17 "ne peut commencer sa carrière à
4.000 euros bruts par mois!".
LA PART VARIABLE
ENCORE PEU MISE EN OEUVRE
Des directeurs
d'hôpitaux, présents dans la salle, ont déploré les
écarts de rémunération avec le privé mais ont souhaité
que les chirurgiens soient rémunérés en fonction "de ce
qu'ils font", posant la question de la productivité et
accusant même des chirurgiens du public de ne pas
vouloir le développement de l'ambulatoire dans leur
unité.
"Combien d'entre vous ont parlé de la part
variable dans leur établissement ?", a demandé pour sa
part François Aubart à l'assemblée de directeurs
présents dans la salle. "J'entends trop souvent des
directeurs d'hôpitaux qui ont les deux pieds sur les
freins quand il s'agit de rémunérer partiellement à
l'acte", a-t-il dénoncé en rappelant que l'objectif visé
est "la qualité des soins".
Le vice-président du
CNC a également estimé que la part variable ne devait
pas concerner que les chirurgiens mais aussi les
anesthésistes-réanimateurs, -soulignant qu'on ne fait
pas de chirurgie sans anesthésie-, et l'équipe
opératoire.
Il a ajouté qu'outre ces questions de
rémunération, le CNC considère que d'autres mesures
doivent être prises pour résoudre la crise de la
chirurgie publique.
UN ENSEMBLE DE
SOLUTIONS
L'un des sujets qui doit être abordé
est celui de la formation et de la répartition des
jeunes chirurgiens entre les spécialités, a indiqué le
Dr Aubart. Selon la CNAMTS, il n'existe pas vraiment de
problème global de démographie des chirurgiens mais un
problème concernant leur répartition géographique et
leur répartition entre filières (urologie, ORL,
ophtalmologie.).
Le CNC juge qu'il est également
important de prendre en compte les nouveaux métiers
émergeant dans les équipes opératoires liés à la
progression de la technicité des blocs et des
technologies utilisées.
Autre sujet sensible
évoqué: la permanence des soins. "Il faut que celle-ci
soit organisée conjointement entre le public et le
privé", a estimé François Aubart.
Le Dr Jacques
Caton a attaqué les directeurs d'hôpitaux en affirmant
que ceux-ci avaient "empêché" que des autorisations pour
des services d'urgence soient accordées aux cliniques.
Or aujourd'hui, "l'hôpital public est étouffé par les
urgences", a-t-il constaté.
Il a estimé qu'il
existait aussi d'autres solutions pour soutenir la
chirurgie publique passant par une réorganisation des
blocs opératoires ainsi que par le développement du
temps partiel, les jeunes médecins souhaitant désormais
partager leur temps de travail entre l'hôpital et la
clinique, a-t-il souligné.
"Personne ne peut
apporter une solution qui résolve la totalité du
problème ", a estimé en conclusion le Pr Jean-Louis
Touraine.
"Il faut développer diverses
expériences [de complémentarité] et les autoriser",
a-t-il souligné.
san/hm/APM polsan redaction@apmnews.com
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08/06/2007 13:50 ACTU |
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