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Envoyé: mercredi 13 juin 2007 10:05
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SUJET : HOPITAL CLINIQUE CHIRURGIE SNCH CONGRES
TITRE : La question des rémunérations des praticiens hospitaliers au centre d'un débat sur la crise de la chirurgie publique
(De l'envoyée spéciale d'APM, Sabine NEULAT-ISARD)

LYON, 8 juin 2007 (APM) - La question de la rémunération des chirurgiens des hôpitaux publics a été au centre d'un débat sur la crise que traverse cette spécialité, jeudi après-midi lors du 61ème congrès du Syndicat national des cadres hospitaliers (SNCH) qui se tient jusqu'à vendredi soir à Lyon.

Tous les intervenants invités par le SNCH ont convenu que la chirurgie publique était en "crise".

Celle-ci est liée, d'une part, à la répartition des parts de marché entre le public et le privé, le second réalisant la majorité de la chirurgie classique programmée, et, d'autre part, à une évolution démographique qui se montre "assez inquiétante", a indiqué le Pr Thierry Philip, directeur général du centre Léon Bérard à Lyon et vice-président du Conseil régional de Rhône-Alpes.

Une étude réalisée par la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) montre que la chirurgie classique programmée représente 80% de l'ensemble des actes chirurgicaux, a indiqué Gilles Bontemps, chargé de mission auprès de la direction des négociations à la caisse.

Une étude plus précise sur les 18 gestes marqueurs les plus représentatifs quantitativement et qualitativement fait apparaître que le secteur privé lucratif réalise plus de 80% de ces actes dans la moitié des régions françaises. En fait, le secteur public ou privé non lucratif reste prédominant dans une seule région qui est l'Alsace.

Une grande partie de ces gestes sont réalisés en ambulatoire, secteur où là aussi les cliniques occupent une place plus importante que le public, a indiqué Gilles Bontemps.

Face à ces constats, plusieurs intervenants, comme Thierry Philip, le Pr Jean-Louis Touraine, premier adjoint au maire de Lyon et PU-PH aux Hospices civils de Lyon (HCL), ou le Dr François Aubart, vice-président du Conseil national de la chirurgie (CNC), ont estimé que les hôpitaux devaient "rebondir".

La "question numéro un est celle des différences de salaires entre le public et le privé", a estimé le Pr Philip.

Le Pr Touraine a souhaité une "analyse minutieuse de l'évolution des salaires", tandis que le Dr Aubart a appelé à une rémunération "commune" entre les chirurgiens du public et ceux du privé, ne serait-ce que pour permettre de continuer à attirer de jeunes chirurgiens à l'hôpital public.

Un point de vue approuvé par le Dr Jacques Caton, président du Syndicat national des chirurgiens orthopédistes et membre du Conseil national de la chirurgie, pour qui un jeune chirurgien qui est à Bac+14 ou à Bac+17 "ne peut commencer sa carrière à 4.000 euros bruts par mois!".

LA PART VARIABLE ENCORE PEU MISE EN OEUVRE

Des directeurs d'hôpitaux, présents dans la salle, ont déploré les écarts de rémunération avec le privé mais ont souhaité que les chirurgiens soient rémunérés en fonction "de ce qu'ils font", posant la question de la productivité et accusant même des chirurgiens du public de ne pas vouloir le développement de l'ambulatoire dans leur unité.

"Combien d'entre vous ont parlé de la part variable dans leur établissement ?", a demandé pour sa part François Aubart à l'assemblée de directeurs présents dans la salle. "J'entends trop souvent des directeurs d'hôpitaux qui ont les deux pieds sur les freins quand il s'agit de rémunérer partiellement à l'acte", a-t-il dénoncé en rappelant que l'objectif visé est "la qualité des soins".

Le vice-président du CNC a également estimé que la part variable ne devait pas concerner que les chirurgiens mais aussi les anesthésistes-réanimateurs, -soulignant qu'on ne fait pas de chirurgie sans anesthésie-, et l'équipe opératoire.

Il a ajouté qu'outre ces questions de rémunération, le CNC considère que d'autres mesures doivent être prises pour résoudre la crise de la chirurgie publique.

UN ENSEMBLE DE SOLUTIONS

L'un des sujets qui doit être abordé est celui de la formation et de la répartition des jeunes chirurgiens entre les spécialités, a indiqué le Dr Aubart. Selon la CNAMTS, il n'existe pas vraiment de problème global de démographie des chirurgiens mais un problème concernant leur répartition géographique et leur répartition entre filières (urologie, ORL, ophtalmologie.).

Le CNC juge qu'il est également important de prendre en compte les nouveaux métiers émergeant dans les équipes opératoires liés à la progression de la technicité des blocs et des technologies utilisées.

Autre sujet sensible évoqué: la permanence des soins. "Il faut que celle-ci soit organisée conjointement entre le public et le privé", a estimé François Aubart.

Le Dr Jacques Caton a attaqué les directeurs d'hôpitaux en affirmant que ceux-ci avaient "empêché" que des autorisations pour des services d'urgence soient accordées aux cliniques. Or aujourd'hui, "l'hôpital public est étouffé par les urgences", a-t-il constaté.

Il a estimé qu'il existait aussi d'autres solutions pour soutenir la chirurgie publique passant par une réorganisation des blocs opératoires ainsi que par le développement du temps partiel, les jeunes médecins souhaitant désormais partager leur temps de travail entre l'hôpital et la clinique, a-t-il souligné.

"Personne ne peut apporter une solution qui résolve la totalité du problème ", a estimé en conclusion le Pr Jean-Louis Touraine.

"Il faut développer diverses expériences [de complémentarité] et les autoriser", a-t-il souligné.

san/hm/APM polsan
redaction@apmnews.com

SNKF8001 08/06/2007 13:50 ACTU

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